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"Burn-out", congés, recours en justice... Ces soignants non-vaccinés s'organisent pour tenter d'éviter les sanctions

A partir de ce mercredi, les soignants sont obligés d'avoir au moins une dose de vaccin.

L'obligation vaccinale s'applique depuis ce mercredi matin aux personnels des hôpitaux et des maisons de retraite. Les salariés des hôpitaux et des Ehpad ainsi que les pompiers, ambulanciers, aides à domicile pourront être suspendus, sans rémunération, s'ils n'ont pas reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19.

Les non-vaccinés représentaient la semaine dernière moins de 12% des soignants dans les hôpitaux et les Ehpad, selon Santé publique France. 

85,4% des soignants en Ehpad et unités de soins longue durée étaient pleinement vaccinés, 89,5% d'entre eux avaient reçu au moins une dose de vaccin.

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Mardi, ils étaient plusieurs centaines, des "milliers" d'après la CGT Santé, de soignants à manifester contre l'obligation vaccinale dans toute la France.

"Je ne peux pas physiquement ou moralement revenir dans le service"

Faut-il craindre une pénurie de soignants? Certains non vaccinés s'organisent pour tenter d'éviter la suspension. Audrey est infirmière et ne veut pas se faire vacciner. Après un burn-out, elle est en arrêt maladie depuis un mois. Elle espère le prolonger.

"Je vais laisser le médecin juger de mon état pour prolonger l'arrêt ou pas. Mais dans tous les cas je ne peux pas physiquement ou moralement revenir dans le service, je ne peux plus, c'est au delà de mes forces mentales et physiques."

Camille, elle, est aide-soignante et opposée au vaccin. Ce matin, elle entame un bras de fer, avec une arme dans sa poche.

"Je vais aller sur mon lieu de travail et je présente un PCR, forcément négatif. notre objectif c'est de dire à l'Etat que l'hôpital est à mal, réagissez."

"On a tout à fait le droit d'aller chercher du travail ailleurs"

Et puis il y a Caroline, infirmière, non-vaccinée elle aussi. Sa stratégie: attendre un peu, et s'organiser pour la suite.

"J'ai posé des jours et on verra ce qui se passera. Je suis sereine. On fera des recours en justice et en parallèle on a tout à fait le droit d'aller chercher du travail ailleurs."

Les directeurs d'établissements et les autorités sanitaires espèrent ce matin moins de soignants non vaccinés qu'annoncé, misant sur le fait que certains n'ont pas encore déclaré leur statut vaccinal. 

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Rémi Ink (avec J.A.)