RMC

"C'est la double peine": l'incompréhension des habitants des petits villages face au couvre-feu généralisé

A Belvédère, village situé à 70 km au nord de Nice, dans la vallée de la Vésubie, on ne comprend pas l'instauration du couvre-feu même ici, où aucun cas de Covid-19 n'a été recensé. Et dans de nombreuses petites communes, on s'étonne de cette mesure, alors que les habitants sont souvent déjà chez eux avant 21 heures.

Le département des Alpes-Maritimes comme beaucoup d'autres plus ruraux, va passer en alerte maximum et le couvre-feu va être instauré dès ce samedi. Les sorties et déplacements seront interdits entre 21h et 6h du matin. Ce couvre-feu devrait durer six semaines. Une mauvaise nouvelle pour beaucoup et notamment pour les villages ruraux où les taux de contamination est relativement bas.

Dans le petit village de Belvédère, 600 habitants, on s’interroge sur l’utilité du couvre-feu, Josette et son mari Lucien, n’en voit clairement pas l’intérêt.

“Nous ne sommes pas les uns contre les autres, nous ne sommes pas rassemblés à plusieurs. Pour le peu de distractions que nous avons et pour faire marcher nos commerces c’est un peu exagéré”, estime ce couple. 

"Il serait temps que nos dirigeants fassent des tours dans les villes de campagne. À partir de 21 heures c'est déjà mort!", peste Pascal, un auditeur sur RMC. "Je me demande dans quel monde vivent nos dirigeants", ajoute-t-il.

"Les communes qui pouvaient être à 20-30 kilomètres et présentaient des statistiques quasiment identiques aux grandes métropoles, n'étaient pas soumises aux même règles ce qui était incohérent", justifie de son côté le ministre de la Santé Olivier Véran

Le tourisme, une économie "vitale"

Dans les ruelles quasi-désertes de Belvédère, cette annonce est un nouveau coup de massue pour Stéphanie gérante d’une pizzeria. “C’est principalement le soir que je travaille et fermer à 21 heures ça va m’enlever beaucoup de clientèle”, regrette la restauratrice. 

Il faudra convaincre les clients de commander plus tôt. Fini les moments de convivialité selon Florence, patronne d’un café-restaurant qui refuse de baisser les bras. “C’est mon village de coeur et j’ai envie de me battre. On va dire que c’est une mauvaise période. Il va falloir s’adapter à la situation parce qu’on ne nous laisse pas le choix”, assure-t-elle. 

Un couvre-feu global que ne comprend pas non plus Paul Burro, maire de Belvédère.

“C’est la double peine. La semaine dernière, le gouvernement disait réservez, profitez de vos vacances de la Toussaint. Il y a des gens qui sont arrivés, qui sont ici en vacances et tout va être fermé. On a besoin du tourisme, c’est nécessaire et vital pour nous”, indique-t-il.

Surtout que le village se targue de n’avoir recensé aucun cas de covid.

Kelly Vargin avec Guillaume Descours