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"Ça nous affaiblit psychologiquement": dans les quartiers populaires, la crainte du troisième confinement se fait ressentir

REPORTAGE RMC - A Corbeil-Essonnes, dans le quartier de la Nacelle, parents et jeunes craignent un troisième confinement et regrettent la fermeture des écoles, collèges et lycées.

Le troisième confinement cristallise les angoisses des Français. Garde d'enfant, fermeture des collèges et des lycées, dans les quartiers populaires, la situation est particulièrement compliquée.

Devant l'un des rares du commerce en bas des immeubles, les médiateurs du quartier de La Nacelle à Corbeil-Essonnes, comme Rachid, vont plus parler, discuter avec les jeunes depuis quelques jours: "Est-ce que ça vous gêne le confinement?" demande-t-il au groupe.

Face à lui trois jeunes du quartier de la Nacelle, bientôt rejoints par une dizaine d'autres qui assurent être quasiment à bout: "Ça nous affaiblit psychologiquement, on ne fait rien de nos journées, on tient les murs", déplore Nassim.

Et la fermeture des établissements scolaires la semaine prochaine ne va pas arranger les choses: "On va traîner ici, je vais rester chez moi". Bodrexi aurait presque préféré que son lycée reste ouvert: "Mes notes à l'école sont basses et je comptais les remonter. Là, j'ai pas la possibilité", regrette-t-il.

L'autre difficulté pour eux, ce sera de faire ses devoirs à la maison: "J'ai beaucoup de personnes chez moi, il y a aussi ma tante qui y vit, c'est impossible de faire ses devoirs", assure un lycéen. "Quand on ne comprend pas certains devoirs, on n'a pas de profs pour nous expliquer, c'est compliqué", déplore Rayan, 15 ans un autre lycéen.

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"Il y aura des retards par rapport au travail de l'école"

Une absence de cadre qui inquiète aussi certains parents. Isabelle, par exemple, qui est couturière et pour qui le télétravail est impossible. Elle sait très bien que ses enfants, notamment son ado de 15 ans, ne sera pas forcément très assidu: "Ça va être un peu compliqué mais bon on va essayer. Ce qui pose problème, c'est les gens dehors qui ne vont pas travailler. Il y aura des retards par rapport au travail de l'école aussi".

Alors Rachid le sait, lui et ses collègues médiateurs de quartiers vont jouer un rôle d'autant plus important dans les prochains jours, pour que les enfants puissent préserver une forme de cadre.

Mais cette figure du quartier de La Nacelle est déjà assez pessimiste: "Les enfants aujourd'hui, certains ne respectent pas les parents et ça va être dur quand un médiateur va venir et va donner des instructions. On ne pourra rien faire".

Au-delà des résultats scolaires, c'est la santé mentale des enfants du quartier qui l'inquiète. Il explique d'ailleurs que beaucoup consultent déjà des psychiatres à cause de la situation actuelle.

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Maxime Lévy et Martin Bourdin (avec Guillaume Dussourt)