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Cancer et plats cuisinés: une étude dévoile le danger potentiel des aliments "ultra-transformés"

Une vaste étude française de l'Inserm met à jour un risque de cancer supérieur chez les personnes qui mangent le plus de produits ultra-transformés (sodas, barres chocolatées, soupes en poudre, poêlées de légumes, pains industriels pré emballés…)

Pour la première fois, une vaste étude a cherché à savoir s'il pouvait y avoir un lien entre la consommation de produits ultra-transformés (sodas, barres chocolatées, soupes en poudre, poêlées de légumes, pains industriels pré emballés…) et le développement de cancers. L'alimentation de 105.000 français a été observée pendant 8 ans.

Le docteur Mathilde Touvier, chercheuse à l’Inserm au sein de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, est venue présenter ce vendredi dans Bourdin Direct les conclusions de cette vaste enquête. "Ce qu'on a observé, c'est que chez ceux qui avaient 10% de plus d'aliments ultra-transformés dans leur régime alimentaire avaient un risque de 10% supérieur de cancer par rapport aux autres", explique-t-elle. Les scientifiques ont fait état de 2.228 cas de cancer, dont 108 mortels et 739 du sein sur la période et la population étudiées.

"Pas encore de lien, mais…"

"Mais c'est une corrélation, on ne peut pas encore faire de lien de cause à effet. C'est la première étude, mais ce qu'on peut dire que c'est associé à une augmentation de risques", ajoute-t-elle. "La plupart (des aliments ultra-transformés) ne feront courir aucun danger, mais peut-être que certaines substances ou certains aliments pourront poser problème, c'est ce qu'il nous faut creuser".

"Privilégier au maximum les aliments les moins transformés"

Ce qui est sûr, rappelle le Docteur Mathilde Touvier, c'est que ces produits ont une "moins bonne qualité nutritionnelle". Ils contiennent "moins de vitamines, de minéraux, de fibres, et plus de gras, de sel et d'acides gras. Certains additifs posent également question. Ce sont des aliments qui peuvent contenir des composés des matériaux en contact avec eux – on parle beaucoup du Bisphénol A dans les emballages par exemple. Il faut essayer de privilégier au maximum les aliments les moins transformés, par principe de précaution".

P. Gril avec JJ. Bourdin