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"Ce sont des pièces à conviction": après l'incendie, des Rouennais se mobilisent pour faire analyser leurs propres prélèvements

Ce mercredi, de nouvelles analyses ont été rendu publique. Mais beaucoup d’habitants de Rouen doutent de la véracité des informations données par les autorités.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Méfiants vis-à-vis des informations données par les autorités rouennaises, des citoyens s’organisent pour mener leurs propres prélèvements et les faire analyser de manière indépendante.

C’est le cas d’Éric qui a arraché tous les légumes de son potager. Dès le lendemain de l’incendie de Lubrizol, ce père de famille a découvert des traces de suie noire un peu partout dans son jardin.

"Au moins, on aura des résultats fiables"

Sa maison est située dans la campagne rouennaise à 30 km de l’usine. Éric, inquiet, a donc effectué des prélèvements de terre et d’eau pour les faire analyser.

"Ce sont des échantillons que j’ai pris tout de suite avant que ça parte dans les sols et qu’on nous dise qu’il n’y a plus rien. On pourrait dire que ce sont des pièces à convictions".

Aujourd’hui, il n’a plus confiance dans les autorités: "Quand on voit comment ils gèrent les crises et puis ce qu’on apprend 20 ou 30 ans plus tard sur des catastrophes qui ont déjà eu lieu, on se dit qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même et qu’au moins, on aura des résultats fiables".

"Elucider quel est l’impact réel sur la santé publique de cette catastrophe"

Des initiatives citoyennes qu’encourage France Nature Environnement comme l’explique Guillaume Blavette, administrateur de l’association en Normandie.

"Aujourd’hui, nous avons un grand nombre d’échantillons qui nous arrive. Une fois que nous aurons pu faire un tri, nous pourrons chercher des laboratoires agréés, des unités de recherche qui pourront participer à élucider quel est l’impact réel sur la santé publique de cette catastrophe".

Depuis une semaine, l’association assure avoir reçu plus d’une centaine de signalements. Une cagnotte en ligne a déjà permis de récolter 2.500 euros afin de financer ces analyses.

Nicolas Ropert (avec Caroline Petit)