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"Certains ne peuvent pas reprendre leur travail": quand les séquelles d'un Covid long envoient en rééducation

Pertes de mémoire, de l'attention, paralysie des bras ou encore perte de voix après l'intubation, les conséquences d'une infection au Covid-19 peuvent être nombreuses.

Déambulateur devant et bouteille d'oxygène derrière, Rolland, 72 ans, marche lentement sur la terrasse. C'est la première fois depuis son admission en juin à la clinique Irisen dans la banlieue de Lyon, qu'il fait quelques pas dehors avec Nicolas, son kinésithérapeute: "On essaye de mettre un peu moins d'oxygène pour voir s'il réagit", assure le praticien.

Pertes de mémoire, de l'attention, paralysie des bras ou encore perte de voix après l'intubation, les conséquences d'une infection au Covid peuvent être nombreuses. Six cas graves de Covid-19 sur 10 gardent ainsi des séquelles pulmonaires 4 mois après leur rémission selon une étude menée au CHU de Toulouse.

Marcher 50 mètres, Rolland n'y arrivait pas il y a un mois. Il a attrapé le Covid en avril et est resté plusieurs semaines dans le coma. Depuis, il réapprend difficilement à parler et à bouger: "Vous vous retrouvez dans un lit toute la journée à ne pas pouvoir bouger, à ne pas pouvoir aller aux toilettes, il faut être fort quand même".

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"On a des patients qui n'ont pas été hospitalisés mais qui ont aujourd'hui de graves troubles"

Donc pour éviter ça à d'autres, il lance un appel aux plus jeunes que lui : "Je veux leur dire d'aller se faire vacciner, de ne pas hésiter, ils seront peut-être malades deux-trois jours. Qu'ils viennent me voir, c'est pour soi et pour les autres, surtout pour les autres", appelle-t-il.

La médecin coordinatrice Nacema Kacher elle aussi pousse les jeunes à se faire vacciner. Elle redoute que le variant delta, plus contagieux, cause des séquelles chez les patients plus jeunes:

"Ce qui nous fait peur, ce sont ces patients avec des formes légères mais qui vont se retrouver avec des troubles. On a des patients qui n'ont pas été hospitalisés mais qui ont aujourd'hui de graves troubles. J'ai des patients qui ont eu un peu de température élevée mais aujourd'hui ils ne peuvent pas reprendre leur travail ni se gérer tout seul à domicile", alerte-t-elle.

De son côté, Rolland ne sait pas encore quand il pourra retourner dans sa famille... En attendant, il a un nouvel objectif : marcher deux fois plus longtemps la prochaine fois.

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Anne-Lyvia Tollinchi (avec G.D.)