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Covid-19: les foyers de contaminations se multiplient dans les campings, le protocole sanitaire pointé du doigt

Le protocole sanitaire négocié par les fédérations de camping avec le ministère du tourisme est pointé du doigt. Car le pass sanitaire n'est demandé qu'une seule fois aux vacanciers, à leur arrivée uniquement, qu'ils restent 3 jours ou 2 semaines.

Fini la danse des tongs, depuis quelques jours les foyers de contaminations se multiplient dans les campings. C'est le cas notamment en Vendée où des clusters de Covid-19 ont été découverts dans 22 campings différents. Le département des Landes est également concerné avec une trentaine de foyers dont 60% sont issus de campings, bars et restaurants. Vingt-et-un cas ont aussi été détectés dans un camping de Guérande en Loire-Atlantique. Le protocole sanitaire négocié par les fédérations de camping avec le ministère du tourisme est pointé du doigt.

Le pass sanitaire est certes obligatoire pour les campings disposant d'une piscine ou d'une salle de spectacle, soit plus de la moitié des 8.000 campings du pays, mais il est demandé une seule fois, à l'arrivée des vacanciers, ce qui se pose la question de son efficacité. Et puis plus rien, que vous restiez 3 jours ou 2 semaines! Pourtant les campeurs sont libres d'aller et venir en dehors du site et peuvent tout à fait être contaminés à l'extérieur.

"Si le pass sanitaire a été obtenu en se basant sur un test PCR, il est clair que ce dépistage n'est plus valable dans les jours qui suivent", assure sur RMC le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris. "Il serait plus raisonnable de demander le pass sanitaire à l'entrée des différentes activités même si c'est difficile à mettre en place", concède le praticien.

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Impossible de tout contrôler

Car c'était la meilleure des solutions selon la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air. Pour contrôler les vacanciers avant chaque baignade dans la piscine, il aurait fallu embaucher deux personnes par espace aquatique. Un chiffre à multiplier par les 3.600 campings qui en sont équipés. Impossible donc, d'autant que le secteur manque déjà de main d'œuvre.

Et puis quid des tests PCR? il faudrait que les pharmacies soient prêtes à recevoir des milliers de vacanciers non-vaccinés sur la saison. De son côté, Matignon rappelle à RMC que les préfets peuvent décider de renforcer les mesures localement si les clusters continuaient à se multiplier dans les campings.

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Romain Houg (avec G.D.)