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Coronavirus en Chine: quels sont les symptômes du virus?

Alors qu'une partie de la Chine se confine afin d'éviter une pandémie, Agnès Buzyn indique qu'il n'y a "aucun cas douteux" en France. Mais que sait-on précisément de ce virus?

Objectif: pas de contagion.

La Chine a confiné jeudi quelque 20 millions d'habitants autour de Wuhan, la métropole d'où est parti un nouveau virus qui a commencé à se répandre dans le monde et mobilise les autorités sanitaires internationales. A Pékin, la Cité interdite, l'ancien palais des empereurs et monument historique le plus célèbre de Chine, va fermer jusqu'à nouvel ordre en raison de l'épidémie virale. Un véritable symbole: Pékin a également l'annulation des très populaires festivités prévues à l'occasion du Nouvel an chinois.

A Genève, le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué les mesures "très, très fortes" prises par la Chine, estimant qu'elles allaient "diminuer" les risques de propagation hors de ses frontières. En France, les autorités indiquent qu'il n'y a "aucun cas douteux" actuellement. "Il y a eu deux cas investigués qui se sont révélés négatifs et nous ne communiquerons qu'en cas de cas positif", a déclaré jeudi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Mais que sait-on précisément de ce virus?

A ce stade, hors de Chine - Macao et Hong Kong compris -, on ne compte qu'une dizaine de cas connus dans le monde dont quatre en Thaïlande et deux au Vietnam. Singapour, le Japon, la Corée du Sud, Taiwan et les Etats-Unis ont enregistré un cas chacun. A chaque fois, il s'agit de résidents ou de personnes qui ont séjourné récemment à Wuhan ou, dans un des deux cas vietnamiens, ayant côtoyé une personne récemment rentrée de Wuhan.

Quels sont les symptômes?

Le virus, qui continue à muter selon les autorités chinoises, provoque de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, des symptômes communs à d'autres pathologies qui rendent le diagnostic difficile.

"S'il existe des preuves d'une transmission humaine par voie respiratoire, il n'y a pas eu de transmission secondaire dans les pays" où le virus s’est propagé, précise sur RMC Arnaud Fontanet, médecin épidémiologiste, directeur du département de santé globale à l'institut Pasteur. 

Baptisé 2019-nCoV, ce nouveau virus appartient à la vaste famille des coronavirus. Auparavant, seules deux épidémies mortelles ont été causées par un coronavirus: le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) et le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

Certains symptômes sont similaires à ceux du Sras, selon les travaux de scientifiques chinois publiés, basés sur les 41 premiers cas repérés en Chine. Tous ces patients avaient une pneumonie, la quasi-totalité avait de la fièvre, les trois-quarts toussaient, plus de la moitié avait des difficultés respiratoires.

Mais "il y a d'importantes différences avec le Sras, comme l'absence de symptômes affectant les voies aériennes supérieures (nez qui coule, mal de gorge, éternuements)", analyse l'auteur principal de ces observations, le Pr Bin Cao.

L'âge moyen des 41 patients est de 49 ans, 30 d'entre eux sont des hommes et 27 s'étaient rendus au marché de Wuhan, d'où est partie l'épidémie. Enfin, près d'un tiers a présenté une détresse respiratoire aiguë et six sont morts.

Bien qu'il ne faille pas tirer de conclusion générale étant donné le faible nombre de patients considérés, ces observations permettent de dresser un premier tableau clinique de la maladie. Des indications d'autant plus précieuses que le diagnostic est rendu difficile par l'épidémie de grippe qui sévit actuellement, avec des symptômes proches.

Selon l'OMS, l'épidémie de Sras avait fait 774 morts dans le monde sur 8.096 cas en 2002/2003 avant d'être jugulée, soit un taux de mortalité de 9,5%. Toujours en cours, l'épidémie de Mers a fait 858 morts sur 2.494 cas depuis septembre 2012, soit un taux de mortalité de 34,5%.

Face à Jean-Jacques Bourdin, le spécialiste relativise: "C’est un nouveau virus, il faut être très vigilant, l’empêcher de s’installer. L’isolement permet de contenir l’épidémie. La grippe tue 600.000 personnes dans le monde chaque année. Là, le bilan est actuellement de 17 décès". 

Que sait-on l'origine du virus?

Les produits de contrebande vendus sur un marché de poissons et de fruits de mer de Wuhan sont à la source du coronavirus, selon le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies.

La transmission à l'homme pourrait s'être faite via des serpents, des blaireaux ou des rats, d'après le résultat des premières recherches menées en Chine.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime également que le virus a une origine animale. Les défenseurs de la cause animale et des spécialistes de santé publique dénoncent de longue date le commerce d'animaux sauvages en Chine, qui serait néfaste pour la biodiversité et pourrait favoriser le développement de maladies.

Où en sont les recherches d'un vaccin? 

Trois équipes distinctes de chercheurs sont sur le point de se lancer dans la mise au point d'un vaccin contre le nCoV-2019, a annoncé jeudi la Coalition pour l’innovation en matière de préparation aux épidémies (CEPI), qui co-finances les projets d'urgence. 

L'objectif est d'obtenir au moins un vaccin potentiel en phase d'essais cliniques d'ici le mois de juin.

Ces trois projets sont conduits l'un par Moderna en coordination avec l'Institut national américain des allergies et maladies infectieuses, l'autre par Inovio Pharma et le troisième par une équipe de l'Université du Queensland, en Australie.

La rédaction de RMC (avec agences)