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Coronavirus: les masques "faits maison" protègent-ils vraiment?

Coronavirus: les masques "faits maison" fonctionnent-ils vraiment?

Coronavirus: les masques "faits maison" fonctionnent-ils vraiment? - RMC

L'Académie de médecine juge qu'un masque "grand public" devrait être rendu obligatoire pour les sorties. Mais pourtant, ces masques rudimentaires, loin des fameux FFP2 et des masques chirurgicaux, sont-ils efficaces face au virus?

Va-t-on bientôt tous devoir porter un masque pour faire ses courses ou se rendre au travail? Après avoir martelé que les masques étaient inutiles contre le coronavirus, quand on n'est pas malade, le gouvernement est en train de changer radicalement de discours. Et commence à envisager le port pour tous du masque dans le cadre de la préparation du déconfinement.

L'Académie de médecine a de son côté jugé qu'un masque "grand public" devrait être rendu obligatoire pour les sorties. Mais pourtant, ces masques rudimentaires, loin des fameux FFP2 et des masques chirurgicaux, sont-ils efficaces face au virus?

La réponse est en réalité ailleurs: le but ici n'est pas de se protéger, mais de protéger les autres. Un "auto-confinement" comme le rappellent des chercheurs. En effet, le principe des masques dits alternatifs n'est pas de filtrer l’air mais d’empêcher la propagation dans l’air et l’environnement de vos propres particules de salive, potentiellement contaminées par le virus.

Comment fabriquer un masque chez soi?

S'il existe différents types de masques, des plus simples en papier ou plus élaborés avec des tissus et des élastiques. Il y a aussi ces derniers, cousus, avec plusieurs couches de tissus à l'intérieur. Ces masques peuvent être de tous types de tissus suffisamment fins, mais oubliez les masques en crochet ou les écharpes. 

Pour les "filtres", plusieurs options: les tissus "polaire" assez fins, certains recommandent des lingettes anti-poussière à condition qu'elles ne soient pas humides. Mais l'une des solutions les plus sérieuse est le sac aspirateur. Il filtre jusqu'à 86% des particules, quand une écharpe en filtre 49%.

Ainsi l'un des exemples reste le "masque soutien-gorge", (petit bonnet de préférence pour bien s'adapter au visage), équipé d'origine avec une coque en mousse pour "filtrer". Il est ainsi utilisé dans une résidence pour personnes âgées dans le Lot-et-Garonne, faute de mieux. 

Autre option, développée par certains: réutiliser des vêtements, comme un t-shirt en coton par exemple. Démonstration avec l’anesthésiste américain et vice-amiral de l’U.S. Public Health Service Comissioned Corps, Docteur Jerome Adams.

Autre idée: le masque en tissu avec double couche de coton, dans laquelle on insère une pièce molletonnée. Le modèle est utilisé au CHU de Grenoble, qui a diffusé largement son patron de couture sur Facebook, en attendant un livraison de masques FFP2. 

Comment bien l'utiliser?

Reste enfin, des règles simples... mais parfois oubliées. Ainsi, il faut continuer, malgré le port du masque, de se laver les mains, avant de le porter, mais également pendant et après. Il faut également éviter de toucher son visage, même avec le masque. 

Enfin, il est nécessaire de laver le masque: il ne faut pas le porter plus de 4 heures, et il faut le passer en machine à plus de 60 degrés durant 30 minutes... mais aussi le laver à la main et le faire sécher au four à 70 degrés.

Xavier Allain (avec Romain Poisot)