RMC

Coronavirus: "On ne peut pas mettre tout le monde sous cloche et attendre le vaccin magique"

Sur RMC, le docteur Yonathan Freund, médecin urgentiste à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, estime que la balance "bénéfices-risques" des mesures actuelles est bonne et qu'il n'y a pas d'alternative.

Si le protocole sanitaire de rentrée dans les écoles a été longuement évoqué et source d'inquiétudes au moment de la fin des vacances, la rentrée étudiante semble également poser quelques problèmes.

Des étudiants ont dénoncé un laxisme total de l'organisation face au coronavirus avec des amphithéâtres bondés et des soirées non-officielles conduisant à de nombreuses contaminations.

"Une grosse proportion des jeunes étudiants a été touchée"

250 étudiants positifs à l'école centrale de Lyon, 90 à l'université de Rennes... La liste des établissements s'allonge.

"En ce moment c'est vrai qu'on voit une sorte de 'péril jeune'", confirme le médecin urgentiste Yonathan Freund ce mercredi sur RMC. "C'est chez les jeunes que ça se propage énormément. On nous parlait de cet été des rassemblements, pic-nics etc… Mais là on dirait que dans les facs, les écoles, les débuts d’année ont été propice à des fêtes ou réunions et ça a eu des conséquences assez fortes, une grosse proportion des jeunes étudiants a été touchée."

Mais est-ce si grave? Vu que ce sont les jeunes qui sont statistiquement le moins touchés par les formes graves de la maladie, certains épidémiologistes estiment qu'il faut laisser les jeunes se contaminer en vue d'une immunité collective. Les jeunes ne doivent-ils donc côtoyer que des jeunes pour éviter de transmettre le virus aux populations fragiles?

"Oui, idéalement, c’est sur qu’on se rend tous compte que si vous êtes à risque et que vous avez un jeune qui vient de passer son week-end d’intégration à sa fac, on a bien compris qu’il faut attendre un petit peu avant de le recevoir à la maison", selon Yonathan Freund.

"Il y a des patients jeunes en réanimation, ce n'est pas anodin"

Pour autant si les chiffres des jeunes explosent, il y a des risques que certains développent des formes graves du Covid-19.

"C’est un risque faible mais il existe. Il y a des dizaines et des centaines de milliers de jeunes qui se contaminent, à la fin il y aura des cas graves dedans. Il y a des patients jeunes en réanimation, je pense à Bordeaux, ce n’est pas anodin. Il va bien falloir avoir une solution à un moment."

"Quelle est l’alternative ? On ne peut pas mettre tout le monde sous cloche et attendre le vaccin magique"

Le médecin urgentiste estime qu'il faut maintenant vivre avec le virus, et trouve que la stratégie adoptée pour l'instant par les autorités est la bonne vu qu'il est impossible de revenir à des mesures de confinement strictes.

"Je ne trouve pas ça délirant, pas grave sur la stratégie à long terme qu’il y ait une circulation du virus maîtrisée. Quelle est l’alternative ? On ne peut pas mettre tout le monde sous cloche et attendre le vaccin magique. Je trouve qu’on a actuellement une bonne balance bénéfice-risques dans les mesures prises. Cet équilibre semble pour moi être la seule solution. Je ne vois pas ce qu'on peut faire d'autre."

>>> A LIRE AUSSI - Une rentrée étudiante "scandaleuse"? "Les soirées sont plus 'safe' que certains amphis!"

J.A.