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Covid-19 et quarantaine des voyageurs: les incroyables failles du système français

ENQUETE RMC - La quarantaine en place depuis samedi pour les voyageurs venus d'Inde et d'Amérique du sud est poreuse. Les concernés sont isolés avec leurs proches et on le droit de sortir deux heures par jour.

Ils sont des dizaines de voyageurs à revenir chaque jour d'Inde, du Brésil, du Chili, d'Afrique du Sud, d'Argentine, ou de Guyane, des zones très touchées par les variants du Covid-19. À leur arrivée, ils doivent désormais depuis samedi respecter une quarantaine de 10 jours. Mais la quarantaine connaît quelques failles.

Liliana est arrivée dimanche d’Argentine, et elle l’avoue, elle a dû mal à comprendre les règles d’isolement: "Il y a des choses comme ça un peu incompréhensible".

Cette résidente française d'origine argentine s'inquiète d’avoir retrouvé son mari et son fils dans leur appartement parisien, alors qu’elle vient d’une région touchée par les variants du Covid-19:

"Je n’ai pas eu de consignes particulières sur les échanges avec les personnes au domicile, avec ma famille comment se comporter. Il y a beaucoup de maladresses".

Des maladresses dans la transmission des consignes et des incohérences. Si elle a déjà été contrôlée à son domicile 3 heures seulement après son arrivée, Liliana s’étonne d’être en quarantaine mais de pouvoir sortir pour faire des courses entre 10h et midi.

Grosse amende

Et elle n’est pas la seule, les policiers chargés de contrôler le respect de l’isolement sont aussi dans l’incompréhension explique Denis Jacob du syndicat Alternative Police CFDT:

"On nous a donné comme consigne de faire des passages à ces domiciles de manière aléatoire pour que les personnes soient surprises par notre passage et qu’elles ne prévoient pas d’être absente au moment où on va passer. Et là on apprend que ça sert à rien puisqu’elles peuvent sortir de 10 à 12h et que dans cette période elles peuvent contaminer d’autres personnes si elles sont positives".

Pour le professeur Philippe Amouyel, chef du service de santé publique et d'épidémiologie du CHU de Lille, il aurait fallu faire autrement:

"Ce qui aurait été intéressant de faire comme dans d’autres pays c’est de prévoir des chambres d’hôtel à la charge des voyageurs pour les isoler pendant un temps défini "sous contrôle" de l’hôtel en faisant en sorte qu’ils ne sortent pas de manière à maintenir ce confinement seul dans leur chambre d’hôtel".

En cas de non-respect de la quarantaine, les voyageurs risquent maintenant entre 1000 et 1500 euros d’amende.

Maxime Brandstaetter et Estelle Henry (avec Guillaume Dussourt)