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Covid-19: faut-il reporter les opérations chirurgicales qui ne sont pas urgentes à l'hôpital?

Face à la détérioration des indicateurs du coronavirus dans certaines régions, des urgentistes demandent à reporter certaines opérations afin de libérer des lits de réanimation, comme au plus fort de la crise.

Les hôpitaux pas encore saturés, mais le point de bascule n'est pas très loin. C'est l'alerte lancée par l’urgentiste François Braun, patron du syndicat Samu-Urgences de France. Il demande de s'organiser pour éviter le pire.

Des lits en réanimation de plus en plus occupés en Île-de-France et pourtant l'ARS n'envisage toujours pas de déprogrammer des opérations pour libérer des lits. 

“Il y a gens qui ont déjà eu leur opération reportée donc on ne peut pas le faire une deuxième fois. Il y a 20% des lits en Île-de-France qui sont occupés par des malades covid. Mais on a par ailleurs des malades qui ont eu un AVC qui sortent d’une opération donc oui ça va être une situation extrêmement tendue”, affirme le directeur général de l’ARS Aurélien Rousseau. 

Risque de saturation 

Situation extrêmement tendue comme dans le service de réanimation de Bruno Mégarbanne à l'hôpital Lariboisière à Paris. Sur 18 lits, neuf sont occupés par des patients atteint par le covid, le reste par d'autres patients. C'est inévitable, pour lui, il va falloir déprogrammer des interventions chirurgicales. 

“Nous ne sommes pas encore à saturation totale, mais nous nous approchons petit à petit de la limite supérieure. Les services de réanimation ne pourront plus prendre en charge dans leur totalité. Il faudra déprogrammer les interventions chirurgicales non-urgentes”, assure-t-il. 

L'ARS s'attend à une forte tension dans les services de réanimation d'ici quinze jours trois semaines.

Romain Poisot avec Guillaume Descours