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Covid-19: "On ne peut pas vivre indéfiniment avec un pass et un masque", assure Martin Blachier

La France a choisi de lever la plupart de ses restrictions ce lundi. Pourtant, la situation sanitaire se dégrade à nouveau. Mais pas d'inquiétude plaide l'épidémiologiste Martin Blachier.

La France tombe le masque et le pass vaccinal. L'essentiel des restrictions anti-Covid ont été levées ce lundi. Plus besoin de pass vaccinal pour boire un café en terrasse, ni de masques pour faire ses courses: "Il fallait le faire. Ce virus va circuler, nous n'avons aucun moyen de l'en empêcher car les vaccins ne permettent pas ça", a assuré ce lundi sur RMC Martin Blachier, médecin de santé publique et co-fondateur de Public Health Expertise-PHE.

"Il faut accepter de vivre avec le virus mais protégeons la population vulnérable. Je salue l'ouverture de la quatrième dose pour les plus de 80 ans. En attendant, on ne peut pas vivre indéfiniment avec un pass et un masque, je suis 100 % sur la ligne du gouvernement", a-t-il ajouté.

Mais la levée de ces restrictions tombe pourtant au mauvais moment alors que le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes connaît un rebond et que le taux d'incidence remonte. On recensait 60.422 nouveaux cas positifs dimanche, contre 45.328 le même jour une semaine auparavant: soit une hausse de 33%. Et la situation a cessé de s’améliorer s’agissant des formes graves, avec près de 1.000 admissions quotidiennes de patients Covid à l’hôpital et plus de 100 entrées en soins critiques chaque jour.

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"On n'a jamais accepté le fait que ça touchait d'abord les plus vulnérables et on l'a payé très cher"

Le gouvernement se veut pourtant rassurant, en évoquant notamment les chiffres des patients en réanimation pour Covid-19. Ils sont actuellement 1855, un chiffre en baisse de 11% par rapport à la semaine dernière."Ça circule et c'est normal", défend également Martin Blachier.

"On a enlevé ces mesures en estimant qu'on était allé au bout de la campagne de vaccination telle qu'elle était 'designée', jusqu'à aujourd'hui. C'est un signal pour dire que l'on va lutter différemment contre l'épidémie. Cela ne veut pas dire que l'épidémie est terminée, cela veut dire qu'on en a fini des mesures qui s'appliquent à tout le monde et que des gens ne peuvent évoluer dans une situation normale", poursuit-il avant de s'en prendre aux premières mesures de 2020:

"A posteriori, je pense que ces confinements n'étaient pas nécessaires. Quand on a vu la façon dont se déplace le virus, un couvre-feu et un peu de télétravail auraient suffi. Ces confinements avec des attestations, des fermetures d'écoles, l'arrêt total de la société à 100 %, ont été une folie".

Pour lui, il aurait fallu privilégier une stratégie à la suédoise, où aucune restriction n'a été prise: "Il fallait faire ce qu'on fait les Suédois. Se concentrer sur les plus âgés. On n'a jamais accepté le fait que ça touchait d'abord les plus vulnérables et on l'a payé très cher", conclut-il.

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G.D.