RMC

Covid-19: pourquoi les contaminations baissent mais les restrictions demeurent?

La France attend avec impatience un assouplissement des restrictions alors que les chiffres de l'épidémie baissent. Mais les épidémiologistes préfèrent relativiser cette baisse, alors que la menace des variants plane toujours.

Un mince espoir? Tandis que la campagne de vaccination se poursuit et malgré la menace des variants, le nombre de contaminations baisse doucement depuis plusieurs jours. Et dans le sillage des contaminations, les hospitalisations et les admissions en réanimation sont également en baisse, même si le nombre de mort quotidien reste élevé. Ces chiffres sont visibles à l'échelle mondiale. Pour la première fois depuis le 12 octobre, on recensait le 8 février moins de 100.000 nouveaux cas en Europe. 

De quoi laisser espérer un assouplissement des restrictions sanitaires alors que le couvre-feu à 18h s'étend sur toute la France métropolitaine? Pas si sûr, préviennent épidémiologistes et infectiologues, évoquant une baisse encore trop faible pour l'instant. "Je pense que l'effet du vaccin est pour l'instant marginal", plaide Matthieu, un auditeur de RMC également épidémiologiste dans l'Ain qui s'interroge sur le vrai effet d'un couvre-feu à 18h par rapport à un autre à 20h. 

>> A LIRE AUSSI - Covid-19: malgré les restrictions, les réservations de dernière minute ont explosé pour les vacances

Une stratégie vaccinale "consternante"

Pour Gilles Pialoux, chef du service infectiologie à l'hôpital Tenon à Paris, il faut nuancer la baisse observée des chiffres, citant notamment une faible augmentation en Île-de-France évoquant un "plateau haut". Et l'augmentation du taux de cas de contamination au variant anglais, encore plus contagieux, inquiète:

"Ce plateau épuise les équipes de soin. En Île-de-France on compte +24% d'hospitalisations en un mois, on est pas sur ce que l'on voit au niveau national", assure-t-il sur le plateau des "Grandes Gueules", rappelant que déjà 65% des places en réanimation sont occupées par des patients Covid-19.

Le praticien déplore également une stratégie vaccinale "consternante", estimant qu'il aurait fallu vacciner en priorité les soignants alors que de nombreux clusters sont identifiés dans établissements hospitaliers. 

>> A LIRE AUSSI - Royaume-Uni: les soignants ont-ils reçus l'ordre de ne pas réanimer les personnes souffrant de maladies mentales?

G.D.