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Covid: du faux pass sanitaire à la réanimation, des patients avec des regrets

De nombreux patients regrettent de ne pas s'être fait vacciner après leur passage à l'hôpital dû à une contamination au Covid-19.

Après la triche, les regrets. Les témoignages de personnes hospitalisées en raison du Covid-19 et qui regrettent d'avoir utilisé un faux pass sanitaire se multiplient ces derniers jours.

Comme au sein de cette famille entièrement décimée par le Covid il y a quelques semaines. Dans un petit village des Vosges, Dominique, le fils, âgé de 48 ans, Robert, 89 ans, et Odile 82 ans ont tous été emportés par le virus.

"Ils avaient un peu peur. Ils attendaient de voir comment ça se passe. Ils n'ont pas accepté l'idée que le gouvernement leur demande de se vacciner", nous avait confié Ouafa, la belle-fille. 

Un drame qui a motivé la majorité des récalcitrants de se petit village de Courcelles-sous-Châtenois à franchir le cap de la vaccination comme nous l'a expliqué le maire. Les habitants nous ont également confié leurs regrets:

"J'étais aussi un petit peu contre mais quand vous voyez tout ce qu'il se passe, et bien il vaut mieux se faire vacciner. Si j'avais pu en discuter avec Odile, je lui aurais dit de le faire", témoigne une voisine.

De nombreuses personnes essaient d'échapper à la vaccination tout en continuant à vivre normalement en utilisant de faux pass sanitaires. Le Parisien rapporte notamment ce mardi les témoignages de plusieurs médecins confirmant les regrets de leurs patients en réanimation qui avaient tenté de frauder. "Ils regrettent, ils ont peur de mourir", titre le quotidien.

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Comment fonctionne la fraude?

Des milliers de Français ont donc fraudé pour tenter d'obtenir le précieux sésame. Pour le docteur Luc Duquesnel, président du syndicat des médecins généralistes et responsables de huit centres de vaccination en Mayenne, il existe deux techniques de fraude répandues.

"On a des personnes dans des centres de vaccinations aux commandes des ordinateurs et qui vont solliciter un professionnel de santé qui n'est pas sur place pour qu'il envoie son code. Et à partir de là, la personne avec l'ordinateur a la possibilité avec le code de ce médecin d'imprimer le nombre de pass sanitaire qu'elle veut", expliquait-il lundi dans RMC Bonjour ce lundi.

"Cela m'est arrivé parfois de donner mon code, comme à d'autres médecins. Et après, c'est difficile de remonter la chaîne car ce n'est pas le médecin qui est responsable. La personne qui est à l'ordinateur peut rentrer tout type de données pour sortir ces faux pass sanitaires", explique-t-il.

400 enquêtes ouvertes

Le ministère de l'Intérieur assure ne pas rester les bras croisés face au phénomène. Quatre cents enquêtes auraient été ouvertes pour démanteler des réseaux de faux pass sanitaires, dont "plusieurs milliers" ont été détectés en France par les forces de l'ordre, selon Gérald Darmanin.

Des trafic parfois "en lien avec des professionnels de santé" regrette le ministre de l'Intérieur, qui a précisé sur RTL dimanche qu'il y avait déjà eu des "interpellations" dans le cadre de ces enquêtes sans en préciser le nombre et rappelé que les peines encourues étaient "extrêmement fortes, cinq ans de prison" pour les organisateurs de ces réseaux.

2.300 pass sanitaires ont déjà été révoqués

Fin novembre, un médecin du Val-de-Marne soupçonné d'avoir vendu au moins 220 faux pass sanitaires a été mis en examen et placé en détention provisoire.

Il reste difficile de savoir combien de faux pass sanitaires circulent aujourd'hui en France, mais selon l'Assurance Maladie 2.300 pass sanitaires ont déjà été révoqués et une liste noire de QR code frauduleux a également été diffusée pour tenter d'identifier leurs détenteurs.

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Direct Studio

Jérémy, auditeur RMC, nous a écrit sur l'application RMC, rubrique Direct Studio, et estime qu'il faut assumer le fait de ne pas avoir de pass:

"Je ne suis pas vacciné, je ne le ferai pas. Cependant, j'accepte la contrainte. Je n'ai pas de pass sanitaire, j'ai fait un choix, je l'assume. Il faut sanctionner la fraude au pass sanitaire."
La rédaction