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Covid: pourquoi il faudrait anticiper les vacances et vacciner les enfants selon un épidémiologiste

L'épidémiologiste Philippe Amouyel regrette des mesures trop légères face à la 5e vague de Covid qui touche violemment les enfants. Il plaide notamment pour des vacances avancées d'une semaine à Noël.

Face à la reprise épidémique de Covid-19, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont dévoilé ce lundi après le conseil de défense sanitaire, le retour de certaines mesures.

S’ils ont notamment annoncé que les enfants devraient de nouveau porter le masque à l’école y compris en extérieur, la vaccination de ces derniers n’est toujours qu’envisagée.

Pourtant, selon l’épidémiologiste, Philippe Amouyel, l’école pourrait être à l’origine de la vague de contamination que connaît aujourd’hui le pays.

“La situation dans les écoles est assez alarmante dans la mesure où on a multiplié par 10 le taux de contamination. On frise le 1% de contamination. Ça veut dire concrètement qu’un enfant, dans une classe de 25, a une chance sur cinq de se faire contaminer. Donc c’est un foyer de transmission de l'épidémie assez important et qui pourrait relancer cette vague et faire en sorte qu’on arrive pas à contrôler la situation”, explique-t-il ce mardi matin sur RMC.

Selon lui, le gouvernement aurait au moins dû avancer les vacances scolaires. “En dessous de six ans, il n’y a pas de port du masque donc l’hypothèse aurait été de faire comme dans d’autres pays voisins, d’avancer les vacances scolaires d’une semaine au moins pour les petites classes, là où on sait que la transmission est beaucoup moins contrôlable. On a bien vu au moment des vacances de la Toussaint qu'on n'avait pas cette explosion. Cette croissance rapide est intervenue juste après, au moment où on a rouvert les écoles”, assure-t-il.

La vaccination des 5-11 ans toujours en suspens

S'il n’y a donc toujours pas d’ouverture de la vaccination à tous les enfants de 5 à 11 ans, le gouvernement envisage cette possibilité. Ce serait "sur la base du volontariat, et si possible d'ici à la fin de l'année", a déclaré lundi Jean Castex. Pour les 360.000 enfants "à risque" de développer des formes graves du virus, la vaccination a déjà reçu le feu vert de la Haute autorité de santé et "commencera dès le 15 décembre", a indiqué le Premier ministre. 

"La première livraison des vaccins Pfizer avec une dilution adaptée pour les enfants sera faite le 13 décembre", a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran, invitant "les parents à contacter leur médecin, leur pédiatre, pour savoir si leur enfant fait partie de cette catégorie" prioritaire.

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Pourtant, Philippe Amouyel rappelle un chiffre qui va plutôt vers l’ouverture de la vaccination plus largement.

"86% des formes graves chez les enfants sont chez des cas sans comorbidités, ce qui va vers une vaccination pour tous les enfants. Leur vaccination va permettre de diminuer la transmission, de les protéger et faire en sorte qu’aucun d’entre eux ne fera de forme grave”, plaide-t-il. 

"Nous organisons toute la logistique pour pouvoir le moment venu commencer sans délai à les vacciner", a affirmé lundi Olivier Véran.

Guillaume Descours