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Craintes sur l'amoxicilline, antibiotique phare pour les enfants, bientôt en rupture de stock

L'amoxicilline, élément de base de beaucoup d'antibiotiques pour enfants, pourrait se retrouver bientôt en rupture de stock. Une nouvelle conséquence non-prévue de la crise du Covid alors que la consommation du médicament a fortement chuté pendant ces deux années.

La crainte grandit chez les pédiatres. L'amoxicilline, l'antibiotique phare des enfants pourraient être en rupture de stock. En effet, l’amoxicilline, c’est la base de 80% des antibiotiques pédiatriques. C’est ce qu’on prescrit pour traiter une otite, une pneumonie ou une angine bactérienne par exemple.

"Ce qui nous inquiète, c'est que par effet domino, ça touche tous les médicaments de cette classe thérapeutique", précise ce vendredi matin sur RMC, Pauline Londeix, Cofondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament.

Pour l’instant, on en manque surtout sous sa forme buvable et il y a deux raisons à cela.

D’abord, notre dépendance à l’Asie pour la production de médicaments. Une dépendance structurelle à hauteur de 80%. Deuxième raison, la consommation de ce médicament a chuté pendant la crise Covid, elle repart depuis fortement à la hausse. Sauf que les chaînes de productions, elles, sont encore au ralenti. Il faut dire que l’antibiothérapie est peu rentable pour les laboratoires.

Limiter les prescriptions

Ces tensions d’approvisionnement pourraient durer jusqu’en mars prochain selon l’agence du médicament. C’est pourquoi, selon le journal Le Parisien, le gendarme sanitaire s’apprête à émettre de nouvelles recommandations: limiter le nombre de boîtes que peuvent commander les officines, limiter les prescriptions, et surtout rappeler les règles de bon usage.

L’agence du médicament rappelle par exemple qu’en cas d’infections virales, l’amoxicilline ça ne sert à rien.

Des recommandations qui ne satisfont pas vraiment les médecins. "Cela fait plusieurs semaines, même mois, qu'une alerte a été lancée aux États-Unis car il y a des ruptures. L'ANSM suit le dossier, on a eu une réunion jeudi soir, et elle a confirmé les mesures comme la demande de baisse des prescriptions, et des mesures pour augmenter les exportations. Mais tout ce qui a été mis en place, c'est très insuffisant", juge Pauline Londeix.

Romain Houg avec Guillaume Descours