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De plus en plus de Français donnent de leur vivant sans attendre le testament

C'est une conséquence de la crise sanitaire, le nombre d'actes de donations de ce type continue de croître.

Un an après le début de la crise sanitaire, les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir transmettre de l’argent à leur descendance. Faire une donation "de son vivant".

Selon le conseil supérieur du notariat, les actes de donation et de partages anticipés ont été plus nombreux en 2020 que l’année précédente. Ils représentent 5% de l’ensemble des actes de notariat selon nos informations, sur 4,65 millions d’actes. Cela fait donc plus de 230.000 donations et partages anticipés en 2020.

La Banque de France prévoit que l'épargne des Français atteindra un surplus de 200 milliards d'euros à la fin de l'année 2021. Fin 2020, le surplus d'épargne financière des ménages serait de l'ordre de 130 milliards d'euros, par rapport à un scénario sans pandémie.

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"C'est vrai que s'il m'arrive de chopper ce Covid ou autre chose..."

Une prise de conscience liée à la crise du coronavirus, mais aussi au fait que les Français ont davantage épargné cette année. Artisan dans les Côtes-d’Armor, Eric, 57 ans, a récemment eu rendez vous chez le notaire. Père de trois enfants, il souhaite commencer à leur donner de l’argent, une décision accélérée par les craintes liées à la crise sanitaire.

"C'est vrai que s'il m'arrive de chopper ce Covid ou autre chose, on a peut-être intérêts à faire 'nos affaires' avant que ça nous tombe dessus quoi."

Une augmentation des donations constatée chez de nombreuses professionnelles. Dans l’étude de Frédéric Fortier, entre 10 et 15% de donations supplémentaires depuis le début de la crise. A tel point qu’une des collaboratrices travaille désormais uniquement sur ces dossiers.

"Après le premier confinement, il y a eu, à mon sens, une véritable prise de conscience. Ils ont perdu des proches du Covid. Ca leur a fait réfléchir et les poussé à l'action."

Des donateurs de plus en plus jeunes

Sentiment partagé par ce confrère des Côtes-d’Armor. Il constate aussi que les donateurs sont de plus en plus jeunes, souvent entre 55 et 65 ans, et pense que cette tendance va perdurer.

"On a un rajeunissement de 10 à 15 ans a minima, avec une volonté de transmettre. Ca a été accéléré par la crise, mais je pense que ça va perdurer."

Aujourd’hui, chaque parent peut donner jusqu’à 131.865 euros à chacun de ses enfants tous les quinze ans. » 

Mahauld Becker-Granier (avec J.A.)