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Dépistages à l'institut du professeur Raoult: "A l'hôpital on essaie de faire du tri, et lui, il joue les francs-tireurs"

A l'encontre des consignes du gouvernement, l'institut du professeur Didier Raoult à Marseille effectue des tests de dépistage au coronavirus pour "les malades fébriles".

Une file d'attente ne désemplit pas devant l'institut du professeur Didier Raoult à Marseille. La raison? L'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection assure le dépistage de toutes les personnes "fébriles" qui s'y présentent , à rebours des consignes nationales.

Une initiative qui n'est pas du goût de Julien, infirmier à l'hôpital de la Timone, à 50 mètres de l'institut du professeur Raoult:

"Il est difficile, dans cette guerre sanitaire, d'avoir deux régiments qui mènent des combats différents. L'hôpital public s'est mis en ordre de combat pour prendre en charge des patients en détresse et dépister ceux qui en ont besoin et lui il décide de mettre son institut à profit pour faire du dépistage de masse alors que ce n'est pas la politique qui est demandée. Les gens attendent jusqu'à 3 heures devant son institut. Nous avons mis en place des procédures pour orienter, faire du tri, et là on doit faire face à toutes ces personnes sans symptôme qui veulent se faire dépister".

L'infirmier regrette que le professeur Raoult agisse seul:

"Il a peut-être raison de dépister, mais en tant que soignant à côté de lui, il faudrait qu'il fasse en sorte de convaincre les autorités et que l'ensemble du dispositif hospitalier se mette en ordre de bataille pour faire du dépistage de masse si c'est cela qu'il faut faire. Mais nous, à 50 mètres de son institut, on essaie de faire du tri et lui, il joue les francs-tireurs".

La chloroquine, défendue par le Pr Raoult, a par ailleurs été retoquée par le Haut conseil de santé publique. Selon l'autorité, ce traitement pourra être administrée aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais ne doit pas être utilisée pour des formes "moins sévères", selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Le comité scientifique "exclut toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade, en l'absence de toute donnée probante", a-t-il souligné. 

P.B.