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Des cas de "toxicité cardiaque" repérés chez des malades du coronavirus après la prise de chloroquine en automédication

En Nouvelle-Aquitaine plusieurs patients admis en réanimation présentaient des signes de "toxicité cardiaque" en plus des symptômes du covid-19. Il s'agirait du résultat d'une automédication avec un traitement à base de chloroquine.

Les autorités sanitaires de Nouvelle-Aquitaine mettent en garde les Français sur le danger de la chloroquine, après l'admission en réanimation de plusieurs patients présentant des signes de "toxicité cardiaque", résultat d'une automédication au médicament que certains scientifiques présentent comme un possible remède contre le coronavirus. Mais la prise de ce médicament ne doit surtout pas se faire sans avis et sans surveillance médicales 

Après l'apparition de quelques symptômes évocateurs du covid-19, ces patients auraient décidé de se soigner avec de la chloroquine, sans avis médical. Problème, ce traitement dérivé de l'antipaludéen chloroquine, l'hydroxychloroquine connu en France sous le nom de Plaquénil, utilisé contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde, peut entraîner de nombreux effets secondaires, comme les troubles cardiaques par exemple, et un surdosage peut même entraîner la mort.

Crainte d'un nouvel engorgement des hôpitaux

Un médicament à ne surtout pas prendre à la légère donc, malgré l'engouement qu'il suscite depuis quelques jours et alors que certains scientifiques, comme le docteur Raoult à Marseille, y voient un moyen de combattre le coronavirus. Mais l'Agence régionale de Santé (ARS) déconseille toute "automédication". Les hôpitaux craignent de se retrouver avec plus de patients à réanimer, dans un contexte où les lits sont très précieux. 

Actuellement expérimentées dans plusieurs pays dans la lutte contre le virus, ces substances peuvent provoquer de nombreux effets secondaires dont des troubles cardiaques et neurologiques. En France, des essais sur l'hydroxychloroquine sont menés par le controversé Pr Didier Raoult, qui s'est attiré des critiques après avoir publié deux études confirmant selon lui l'"efficacité" de ce traitement contre le coronavirus. Dans une deuxième étude portant sur 80 patients, publiée vendredi en ligne, le directeur du réputé Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, affirme que 80% d'entre eux ont connu une "évolution favorable". Or nombre de scientifiques pointent les limites de ces études, car elles n'ont pas été menées selon les protocoles scientifiques standards.

En France, un décret encadre la mise à disposition de l'hydroxychloroquine pour éviter les risques de rupture alors que ce médicament fait actuellement l'objet d'un engouement. En attendant les résultats de "Discovery", un essai européen en cours sur quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine, la France a autorisé l'administration de cette molécule contre le Covid-19 à l'hôpital uniquement et seulement aux cas graves. 

L'épidémie de coronavirus en France a fait 2611 morts alors que 40.723 cas ont été confirmés par les autorités de santé, depuis le début de l'arrivée du covid-19 dans le pays.

Laura Taouchanov (avec Guillaume Dussourt)