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"Dupin Quotidien": les tarifs des complémentaires santé flambent

Emmanuel Macron a fait ce mercredi 13 juin des annonces concernant la réforme du reste à charge zéro. En même temps, une étude dénonce la hausse des tarifs des complémentaires santé.

C’est une de ses promesses de campagne les plus symboliques. La réforme du reste à charge zéro concerne en premier lieu les complémentaires santé puisque ce sont elles qui pourraient répercuter cette charge sur les consommateurs à travers les remboursements. Ce mercredi, une étude de l'UFC Que choisir dénonce la gabegie du marché des complémentaires.

Au départ la promesse d'Emmanuel Macron était d’augmenter les remboursements mais pas les cotisations. Maintenant, le discours évoque plutôt des hausses de cotisation modérées. Le problème c'est que les complémentaires coûtent déjà très cher aux assurés sans que ce soit toujours justifié.

Une cotisation annuelle équivaut à près de 700 euros par personne

C'est ce que montre une étude de l'UFC Que choisir. Le montant moyen d'une cotisation annuelle équivaut à près de 700 euros par personne, parfois même de 1.000 à 1.200 euros y compris pour les séniors.

D'autant que les cotisations sont en hausse de 47% depuis 2006. Cette hausse est surtout due à l'augmentation de 20% des frais de gestion et d'acquisition des complémentaires, qui dépensent de plus en plus notamment en publicité, marketing et en communication. Certaines dépensent plus de 40% de leurs cotisations en frais de gestion.

En moyenne 70% seulement des cotisations reviennent aux assurés et 66% seulement pour les contrats individuels. Sans compter qu’il est quasiment impossible pour les consommateurs de s'y retrouver dans la jungle des contrats malgré les engagements pris par les organismes pour davantage de clarté.

38% des complémentaires jouent de la confusion entre les remboursements de la sécurité sociale et les leurs

Par exemple, 38% des complémentaires jouent de la confusion entre les remboursements de la sécurité sociale et les leurs. On ne sait donc pas vraiment ce qui est remboursé par qui. Surtout qu'une très grande majorité (62%) continue d'utiliser des pourcentages de remboursement au lieu d'exprimer les sommes clairement en euros.

Par exemple pour une pose de prothèses, est annoncé, 300% de remboursement. Ce qui semble correct. Or, cela correspond à 300% du tarif de la sécurité sociale, parfois très bas. Pas étonnant donc que 48% des consommateurs ne soient pas capables de savoir à l'avance combien ils seront remboursés sur des soins importants.

Ainsi, la réforme du reste à charge zéro sera peut-être l'occasion d'assainir ce secteur des complémentaires et de mettre réellement en place une meilleure lisibilité des garanties.

Pour cela, rien de plus simple, il suffirait d'appliquer une loi de 2014 qui prévoit une liste standardisée des remboursements exprimés en euros. Mais l'arrêté pour faire appliquer cette loi n'a toujours pas été publié.

Dupin Quotidien