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Fin du monopole des buralistes? "Il est vraisemblable que cela augmenterait la consommation"

La Cour des comptes a estimé mercredi dans son rapport annuel que la politique de soutien aux buralistes, en France, était "très contestable", et a invité les débits de tabac à diversifier leur activité. Une proposition qui fait débat.

La Cour des comptes a publié ce mercredi son rapport annuel dans lequel elle épingle notamment les prévisions de croissance du gouvernement (2,7% en 2017, ce qui sera "très difficile à atteindre") et plusieurs mesures financières. Sur un point plus précis, les experts estiment que la politique de soutien aux buralistes est trop généreuse. La Cour des comptes invite donc à réorganiser le mode de distribution des paquets de cigarette au détail. Ce qui signifierait, en fin de compte, la fin du monopole pour les buralistes, comme cela se fait déjà ailleurs en Europe.

L'une des raisons est que les experts considèrent que l'interdiction de vente aux mineurs est loin d'être respectée. Dès lors, l'institution aimerait que le tabac ne soit plus vendu uniquement dans les bureaux de tabac et que le ministère de la Santé prenne la tutelle des buralistes. "C'est facile d'acheter des cigarettes. AU bureau de tabac, on ne nous demande pas notre carte d'identité", confirme Simon, 16 ans. "Sinon, on peut aussi demander à des personnes plus âgées d'en acheter pour nous", ajoute Noémie, 16 ans aussi.

"Les gamins pourront acheter plus facilement"

Montrés du doigt, les buralistes se défendent. "Effectivement, je peux me faire piéger sur la vente de jeux à gratter ou de tabac mais je ne vendrai même pas un ticket à un euro à un gamin qui entre, assure Gérard Vidal, buraliste dans le quartier des Sept-Deniers à Toulouse. C'est la politique du jeu responsable et c'est la politique de santé. Si ça se retrouve en vente dans les supermarchés ou les distributeurs automatiques, les gamins pourront acheter plus facilement".

L'éventuelle fin du monopole des buralistes est loin de convaincre Joseph Osman, directeur de l'Office français de prévention du tabagisme. "Si on élargit cette vente, on peut l'élargir aux épiceries, comme dans un certain nombre de pays, aux distributeurs automatiques, comme dans d'autres, et pourquoi pas en pharmacie. On peut tout imaginer mais je ne pense pas que cela irait vers une diminution de la consommation, argumente-t-il. Quand on élargit le champ possible de distribution, cela a plutôt tendance à entraîner une diminution du prix de vente aux clients. Il est donc vraisemblable que cela augmenterait la consommation de cigarettes en France".

M.R avec Anaïs Bouitcha