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Financement des transports sanitaires: "Rien ne va plus", enrage Betty, maman de Florian, handicapé

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Trois associations qui représentent des personnes handicapées interpellent la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Dans un courrier, elles alertent sur les nouvelles règles de prise en charge des transports sanitaires, notamment le weekend. C'est que révèle Le Monde ce samedi.

Depuis le 1er octobre et l'entrée en vigueur de cette réforme, les enfants et adultes handicapés rencontrent des difficultés pour rentrer à leur domicile le weekend. Ce n'est plus l'assurance maladie qui paie, mais les établissements de santé directement. Certains renoncent donc et ne proposent pas ce service.

Dans certaines régions, des établissements de convalescence ou de rééducation ont considéré que des retours au domicile le weekend d'enfants hospitalisés ne relevaient pas de "motifs thérapeutiques" mais d'exigences particulières.

Les familles doivent donc prendre elles-mêmes en charge le coût du transport sanitaire, donc de l'ambulance. Betty Gruet est maman de Florian, 17 ans, infirme moteur cérébral. Le weekend dernier, il n'a pas pu rejoindre son domicile car son centre spécialisé près de Clermont-Ferrand ne propose plus de système d'ambulances.

"C'est encore aux malades et aux handicapés de payer"

Sa maman est exténuée, mais continuera de se battre pour que son fils puisse rentrer toutes les semaines.

"On a l’impression que rentrer en famille ne leur fait pas de bien alors que c’est tout le contraire. Psychologiquement pour nos enfants c’est seulement la grande bouffée d’air de la semaine de rentrer dans sa famille. Pourquoi c’est encore aux malades et aux handicapés de payer alors qu’il y a plein d’autres endroits où on peut faire des économies. C’est un tout qui nous enrage. On se bat au quotidien pour le handicap. C’est une lutte quotidienne. C’est à nous de nous adapter encore une fois, il faut s’adapter toujours et encore. Rien ne va plus".

"C’est la mission première de ces établissements que de prévoir le retour à domicile suite"

Les associations craignent que cette nouvelle mesure accentue les inégalités sociales, mais aussi territoriales. Aude Bourden est la conseillère Santé de l'association APF France Handicap. Elle estime que ces retours au domicile font partie du parcours de soin et ne devraient pas être pris en charge financièrement par les familles.

"Ce que l’on voit depuis le 1er octobre puisque ce sont les établissements de santé qui financent et la sécurité sociale, il semblerait qu’il y ait de moins en moins de sorties pour motifs thérapeutiques et que l’on dise aux personnes que c’est à leur convenance personnelle donc c’est à eux de payer. Pour nous ça a du sens. Il faut vraiment que les personnes puissent rentrer chez elles pour pouvoir s’adapter à leurs nouveaux modes de vie et à leurs nouvelles problématiques de santé. C’est la mission première de ces établissements que de prévoir le retour à domicile suite à un épisode plus aigu de santé".

Margaux Boddaert (avec C.P.)