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"Il a fallu faire appel à des renforts de personnel": l'hôpital de Mulhouse débordé à cause de l'épidémie de coronavirus

74 personnes infectées ou suspecté de l'être par le coronavirus étaient hospitalisés à Mulhouse. Mais l'hôpital, mais aussi face à de nombreux appels, visites de gens qui n'ont pas contracté le virus, mais qu'il faut tester.

Garder la situation sous contrôle, c'est l'objectif de nombreux hôpitaux face à l'augmentation des cas de Coronavirus. C'est le cas à Mulhouse, où l'établissement de santé est sur "le pied de guerre". Le Haut-Rhin est le foyer majeur en France depuis un vaste rassemblement évangélique fin février.

Lundi, 74 personnes infectées par le virus ou fortement suspectées de l'être étaient hospitalisées à Mulhouse. Le nombre d'appels explose et il faut "trier" les urgences normales et celles relatives au coronavirus.

Un Rhume et un mal de gorge, Ségolène, 24 ans, fait tout de suite le déplacement à l'hôpital. 

"Par précaution, j’ai préféré venir me faire dépister à l’hôpital. Je suis allée à l’accueil et ils m’ont orienté vers le SAMU pour que je leur dise tous mes symptômes. Maintenant, je me rends chez le médecin pour avoir un document attestant que je n’ai rien et que je peux reprendre mon travail", explique-t-elle. 

Des opérations reportées

Désormais seuls les patients avec des symptômes importants sont dépistés. L’hôpital Emile Muller accueille déjà 74 malades dont une dizaine en réanimation. Un défi inédit pour le personnel soignant explique Marc Noiset, chef des urgences. 

"J’ai une dizaine à une douzaine de médecins qui répondent aux appels sur le coronavirus alors qu’habituellement, on est deux pour réguler la journée. Donc il a fallu faire appel à des renforts de personnel. Soit des renforts hospitalier d’autres hôpitaux, soit de médecins libéraux ou des médecins retraités", détaille-t-il. 

Les syndicats le reconnaissent, ils ne savent pas combien de temps l'hôpital va pouvoir tenir à ce rythme. C'est ce que raconte Jean Marc Kelai, secrétaire CFDT de l'hôpital de Mulhouse.

"Si ça dure sur beaucoup de semaines, je pense qu’au bout d’un moment, il risque d’y avoir des agents qui risquent de craquer ou d’autres en arrêt de travail. Donc je ne sais pas comment derrière on va pouvoir faire face", prévient le syndicaliste. 

Pour soulager l'hôpital, toutes les opérations non-urgentes sont reportées.

Maxime Brandstaetter et Juliette Pietraszewski avec Guillaume Descours