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"Il y a de la colère et du stress": les étudiants de première année de médecine vent debout contre la réforme du concours

Les étudiants en première année de médecine protestent depuis la rentrée contre la nouvelle réforme de santé, pris en étau entre l’ancien et le nouveau système du concours de première année.

À Nice, ils sont aujourd’hui plus de 1200 étudiants de première année à vouloir passer en deuxième année, mais pour l’instant moins de 200 places leur sont réservées. De quoi inquiéter Antoine: "Le fait qu'il y ait des redoublants et nous, "la nouvelle réforme", ça pose problème parce qu'ils nous prennent des places. Il y a de la colère et du stress".

Avec la réforme de santé, les étudiants en première année de médecine sont pris en étau entre l'ancien et le nouveau système. Ils n’ont plus le droit de redoubler et sont victimes cette année d’un nombre de places amputées par les redoublants de l'année dernière, qui peuvent eux retenter leur chance. 

Et le peu d’information sur le déroulement des épreuves et la charge de travail amplifiée n'aident pas comme l'explique Paul: "Je suis en mineur économie. Cela représente 4 TD par semaine de deux heures. Cela ne fait que me rajouter du travail en plus et je ne vois pas du tout l'intérêt". Car la Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES) a été remplacée par deux nouvelles formations qui imposent aux étudiants de travailler d’autres matières que la médecine. 

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"Je suis obligé de penser à l'étranger"

De 7h à 23h30, de nombreux étudiants révisent et cela ne suffit pas toujours. Elise, maman d’une étudiante en première année, a du l’aider pour tenir: "On regarde les capsules vidéos avec elle pour prendre des notes, recopier le cours et gagner un maximum de temps pour qu'elle puisse continuer à y croire et ne pas déprimer".

Face à la crainte de ne pas être admis en deuxième année, Paul a déjà réfléchi à des solutions: "Je suis obligé de penser à l'étranger car c'est très difficile de réussir en France. Je regarde vers la Roumanie, la Belgique ou encore l'Espagne".

La colère de ses étudiants et de leurs parents est nationale, une pétition pour une pétition pour demander plus d'équité a déjà recueilli plus de 43.000 signatures.

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Kelly Vargin (avec Guillaume Dussourt)