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"Ils considèrent que l’Etat s'immisce trop dans notre vie privée": qui sont les "anti-masques" français?

Une première étude, menée par la fondation Jean-Jaurès tente de les cerner. Ils sont à 36% des CSP+. Ils sont défiants envers les institutions, amateurs de thèses complotistes et majoritairement féminins. Leur moyenne d'âge est de 50 ans.

Si en Allemagne ou en Angleterre, les manifestations contre le port obligatoire du masque dans l’espace public ont rassemblé des milliers ou dizaines de milliers de personnes, en France, le mouvement n’a rassemblé qu'une poignée de manifestants fin août à Paris.

Nez au vent, regard déterminé, Jean-Luc 57 ans refuse de porter le masque dans la rue. "Je ne vois pas pourquoi j’en porterai si ce n’est pour éviter de prendre une amende. Si j’ai un nez une bouche, c’est pour m’en servir”, indique-t-il. 

Ce commercial dans une grande entreprise lyonnaise ne comprend pas l'obligation de porter le masque alors aucune raison de le faire. “Pour moi ça n’a rien d’une mesure sanitaire, d’une mesure de protection pour moi ou pour les autres”, poursuit-il. 

Jean-Luc tient surtout à sa liberté. Liberté d'agir, liberté de penser. “Jusqu’où va-t-on aller dans les obligations? Aujourd’hui, c’est le masque et demain? Alors c’est obligatoire, on le fait aussi, quoi que ce soit ? Porter le masque, c’est ne pas vouloir dire tout ce qu’on a à dire”, affirme-t-il. 

Mais quel est le profil de ses anti-masques Antoine Bristielle, chercheur en sciences sociales a mené l'enquête. 

“Ce sont des personnes assez éduquées avec de manière générale un bac +2 qui appartient aux classes sociales supérieures. Il y en a un certain nombre d’entre eux qui considèrent que l’Etat s'immisce trop dans notre vie privée, c’est l’avis de 96% d’entre eux. Le premier type d’argument ça concerne vraiment le masque. Ils vont dire qu’ils ne croient pas en l’efficacité du masque voire qu’ils croient en sa dangerosité par exemple ça empêcherait d’avoir une oxygénation suffisante. Et il y a un second type d’argument qui est de dire que le but, c’est de tester la servilité de la population afin de créer un nouvel ordre mondial où le citoyen n’aurait plus aucune liberté”, détaille-t-il.

Un avis positif sur le professeur Didier Raoult

Pour l'instant le mouvement des anti-masque ne rassemble qu'une poignée de militants lors des manifestations en France et aucun parti politique ne se risquerait à récupérer le mouvement selon Antoine Bristielle.

“Le taux de confiance dans les partis politiques actuels il est de 2% chez les anti-masques. Mais néanmoins ça peut se lier à des personnes qui peuvent avoir des paroles politiques comme Jean-Marie Bigard qui lui aussi avait déclaré que lui non plus ne comprenait pas pourquoi on avait l’obligation de porter le masque”, précise-t-il.

Neuf anti-masques interrogés sur dix dans l'étude ont un avis positif sur le professeur Didier Raoult.

Romain Poisot avec Guillaume Descours