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"Agnès Buzyn est passée du déni au mépris": la colère des soignants après les annonces pour sortir de la crise des urgences

La ministre de la Santé a annoncé son plan pour sortir de la crise des urgences qui dure depuis de longs mois. Un plan qui ne semble cependant pas convenir aux soignants qui regrettent que certaines revendications aient été ignorées.

Plus de six mois après le début du mouvement de grève qui touchent près de la moitié des services d’urgences en France, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté lundi soir un "pacte de refondation". Celui-ci se compose de douze mesures qui tendent à désengorger les services d’urgences. Au total, ce plan doit coûter près de 750 millions d’euros sur trois ans. 

Pour limiter l’accès aux urgences, la ministre de la Santé, veut notamment créer une salle de tri à distance, ou encore créer 50 maisons médicales de garde à proximité des plus gros services d’urgences. Cependant aucun lit ni effectif supplémentaire n'est prévu dans ce plan. 

Un plan qui ne convient cependant pas aux représentants du collectif Inter-Urgences dont l’assemblée générale nationale se tient ce mardi.

"Vu les propositions qui ont été faîtes et qui ne répondent en rien à nos préoccupations, je pense que ce mouvement va perdurer. Elle ne propose que des mesures hors-urgence, des nouvelles organisations, mais il n’y a pas de renforcement des structures d’urgence dans leur mode de fonctionnement actuel. Donc ça ne va servir à rien. Il va falloir des années pour pouvoir communiquer auprès des populations pour pouvoir changer leur mode de fonctionnement", explique Christophe Le Tallec, aide-soignant au CHU de Nantes. 

Une manifestation dès mercredi

Les soignants regrettent également que la ministre n’ait rien annonce sur une revalorisation des salaires ou sur une possible hausse des effectifs. Deux revendications qui sont portées depuis le début du mouvement. "On demande à la ministre de donner des moyens aux services hospitaliers et aux services d’urgence en termes de personnel. On lui demande qu’elle prenne une décision politique forte", affirme Christophe Le Tallec. 

Pour lui, la position d’Agnès Buzyn est passée du "déni au mépris".

"C’est-à-dire qu’au début, elle était dans le déni de la souffrance du personnel. Et aujourd’hui elle méprise le personnel en ne répondant pas aux attentes qui sont les leurs", indique l’aide-soignant. 

Suite aux annonces de la ministre, la CGT a déjà appelé à manifester mercredi. 

Guillaume Descours