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Immeuble incendié à Paris: "À l’hôpital, on manque cruellement de psychiatres", dénonce une assistante sociale

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La femme qui est suspectée d'avoir allumé l'incendie qui a ravagé un immeuble à Paris venait de sortir d'un hôpital psychiatrique. Pour Alice, aide soignante, le manque de psychiatres à l'hôpital pose un problème de suivi.

La garde à vue de la principale suspecte dans l’incendie d’un immeuble du XVIe arrondissement de Paris qui a fait au moins 10 morts a été levée hier en fin d'après-midi à l'issue d'un examen médical. Elle a été admise à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Cette femme présente des antécédents psychiatriques assez lourds. Elle aurait notamment été hospitalisée pendant cinq ans dans un service spécialisé, selon Le Parisien. Elle était sortie de l'hôpital Sainte-Anne depuis une semaine.

Selon BFMTV, par trois fois, la suspecte avait été visée par des procédures judiciaires. À chaque fois, elles ont été classées sans suite à cause de son état mental

Ce drame est une nouvelle illustration d'un manque de suivi des malades psychiatriques, dénonce Alice, assistance sociale en psychiatrie, syndiquée à Sud Santé.

"A l’hôpital, on manque cruellement de psychiatres. Et c’est dramatique pour faire un accompagnement correct. S’il n’y a pas de suivi correct à l’extérieur, la personne aura beau sortir, si elle se retrouve isolée, sans proche, sans suivi médical, alors là oui, c’est risqué la rechute et il peut y avoir des risques comme ça", affirme-t-elle. 

Un cas à part

Ce n'est pas qu'un problème de moyens, nuance Maurice Bensoussan. Pour le président du syndicat des psychiatres français, l'immense majorité des patients soignés ne posent pas de problèmes. "Ce sont des cas qui sont assez rares. On est à la marge de toutes les situations d’hospitalisation y compris dans des pathologies sévères. Aujourd’hui les progrès médicaux et de la psychiatrie ont fait qu'on travaille la sortie des hôpitaux, le suivi en milieu de vie ordinaire, dans tout hôpital", explique-t-il. 

Déjà mi-janvier, dans une lettre envoyée à la ministre de la Santé, une centaine de psychiatres dénonçait une faible prise en charge des malades. Pour eux, la rallonge de 50 millions d'euros promise par Agnès Buzyn est loin d'être suffisante.

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours