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Implants contraceptifs Essure: le laboratoire Bayer jugé le 3 octobre

INFO RMC. Bayer sera jugé le lundi 3 octobre par le tribunal judiciaire de Paris dans l'affaire des implants Essure. Ces implants, des moyens de contraception définitifs implantés dans les trompes, avaient fait l'objet d'une déferlante de signalements pour des effets secondaires en 2017.

L'affaire des implants Essure, un moyen de contraception définitive, sera traitée, selon nos informations, devant le tribunal judiciaire de Paris le 3 octobre 2022.

L'implant Essure est un petit ressort, implanté dans les trompes de Fallope et porté par près de 200.000 femmes en France. A la suite d'une déferlante de signalements en 2017, l’ANSM, l’Agence nationale de la sécurité du médicament, avait demandé l’arrêt des implantations. En 2018, le laboratoire Bayer a ensuite cessé de commercialiser le dispositif partout dans le monde.

Mais quatre ans plus tard, des femmes continuent de découvrir ses effets secondaires: douleurs abdominales, fatigue chronique, maux de tête. Ce n’est qu’en début d’année qu’Irène a fait le rapprochement entre les douleurs qu’elle endure depuis dix ans et son implant.

"Je me suis rendue compte au fil du temps que j'avais implanté une bombe dans mon corps. C'est quelque chose qu'on a posé en nous parce qu'on aimait la vie, parce qu'on avait envie d'en jouir, avec un dispositif de contraception qui nous permettait d'avoir une sexualité épanouie. Et comme toutes les autres violences gynécologiques, ça nous rabote la vie."

"La procédure vise à démontrer que ces femmes ont été exposées à un risque"

Aujourd’hui, Irène prévoit de se faire retirer son implant, 30.000 femmes en France l’ont déjà fait. Et elle envisage d’engager des poursuites contre le laboratoire Bayer.

Une action collective a même été lancée par l’association R.E.S.I.S.T. qui nous a écrit et qui regroupe les femmes victimes. Mais la justice n’a pas suivi. Comme souvent dans ce type de dossier, il est difficile de prouver le lien entre l’implant et les effets secondaires.

Pas de quoi décourager les femmes de se battre. Comme nous vous le révélons, le laboratoire Bayer sera donc jugé par le tribunal judiciaire de Paris dans une semaine. 132 plaignantes réclament la reconnaissance d’un préjudice d’anxiété, défendues par Me Charles Joseph-Oudin.

"En réalité, cette procédure vise à démontrer que ces femmes ont été exposées à un risque. Qu'il se soit traduit ou non par des effets indésirables, il a au minimum engendré une inquiétude de développer des effets indésirables", explique-t-il à RMC

Que disent les pouvoirs publics?

Ce que réclament ces femmes qui nous ont alerté, c’est d’être mieux informées et mieux prises en charge. Nous avons contacté le ministère de la Santé, qui s’était engagé en septembre 2020 à lancer un protocole de recherche. Nous avons découvert que l’étude n’a toujours pas débuté et ne démarrera pas avant l’année prochaine.

Quant à Bayer, le laboratoire nous explique que le contraceptif a été retiré du marché pour des raisons commerciales et qu’il s’agit d’un dispositif sûr. Aux Etats-Unis, 39.000 patientes ont porté plainte contre Bayer, qui a signé un chèque d'1,6 milliard de dollars en 2020 pour éviter la justice.

Amélie Rosique et l'équipe de RMC s'engage pour vous (édité par J.A.)