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IVG: "Il faut sanctionner tout ce qui peut entraver l'accès au droit fondamental d'une femme d'avorter"

L’extension du délit d'entrave à l'IVG aux sites internet doit être examinée ce mardi en commission mixte paritaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat afin que les deux chambres parviennent à un compromis. L'occasion pour Catherine Lemorton, députée PS de Haute-Garonne et présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, de défendre ce texte ce mardi sur RMC.

Liberté d'expression contre liberté à disposer de son droit. Ce mardi, le délit d'entrave numérique à l'IVG doit être examiné par une commission mixte paritaire de députés et de sénateurs. Concrètement, le gouvernement veut lutter contre les sites Internet qui ne s’affichent pas ouvertement comme opposés à l’avortement, mais dissuadent les femmes de recourir à l’interruption volontaire de grossesse en les culpabilisant. Invitée de Bureau de Vote sur RMC, Catherine Lemorton, députée PS de Haute-Garonne et présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, a défendu le projet de loi.

"Il faut sanctionner tout ce qui peut entraver l'accès au droit fondamental d'une femme d'avorter. (Ce que nous voulons mettre en place) n'est pas une atteinte au droit de s'exprimer. Il y a des gens en France qui sont contre l'avortement, contre l'IVG ou pour restreindre les cas d'avortement. Ces gens-là ont le droit de s'exprimer. Ce n'est pas un problème." "Nous avons pris deux bonnes mesures, estime-t-elle. Tout d'abord, nous avons supprimé le délai de réflexion. Ce qui était une souffrance pour les femmes parce qu'elles pouvaient parfois attendre pendant des jours".

"La volonté de ces sites est de faire peur pour dissuader"

"On a aussi supprimé l'état de détresse parce que, quand on va avorter, ce n'est pas la peine d'être questionnée sur notre état de détresse", poursuit Catherine Lemorton avant de confier: "Ce que nous voulons pénaliser aujourd'hui ce sont toutes les informations qui égarent les femmes, qui retardent le fait de pouvoir pratiquer une IVG. C'est un parallélisme des formes avec le délit d'entrave voté en 1993 quand des gens s'enchaînaient devant des hôpitaux. On va appliquer la même sanction pour les gens qui utilisent les nouveaux moyens de communication que sont les réseaux sociaux".

La députée PS a aussi répondu à Jean-Frédéric Poisson, qui estime ce mardi sur RMC que le délit d'entrave numérique à l'IVG "est une atteinte à la liberté d'expression". "Si Monsieur Jean-Frédéric Poisson compare la prise d'un Doliprane pour calmer la douleur avec une femme qui décide de son corps et ne veut pas de grossesse, c'est une comparaison quand même très, très limite", estime-t-elle. "La volonté de ces sites est de faire peur pour dissuader. Ils ne font pas de l'information, ils font de la culpabilisation. On a même trouvé un site qui a réussi à avoir le numéro de portable d'une jeune femme et lui envoyait des messages culpabilisants. C'est ça qui n'est pas bien".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin