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"Je me sens en danger": l'inquiétude des salariés d'Amazon qui exercent leur droit de retrait

Au sein de l'entreprise Amazon, un bras de fer est engagé entre les salariés qui estiment être mal protégés et la direction, qui affirme appliquer les mesures de sécurité sanitaire à la lettre.

Le géant de la distribution en ligne, Amazon, menace de ne pas payer ses salariés s'ils exercent leur droit de retrait pour des raisons sanitaires. Pratique jugée "inacceptable" par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

Sur le site Amazon de Lauwin-Planque, près de Douai, plusieurs débrayages ont lieu depuis deux jours par des salariés inquiets, entre pression de la direction et manque de mesures sanitaires.

"Ils donnent des masques, mais ce sont des masques à poussière"

Depuis le début de la semaine, nombre d’employés viennent travailler avec appréhension. Ils accusent la direction d’Amazon de ne pas prendre les mesures nécessaires face au coronavirus. Morgan et Tiffany sont intérimaires.

"Je me sens en danger. Ils donnent des masques, mais ce sont des masques à poussière. Le gel hydro-alcoolique, il n’y en a que sur les tables des managers donc ce n’est pas à la portée de tout le monde. Il n’y a pas de gants. C’est bizarre".

2.500 personnes travaillent sur ce site, où l’application des mesures barrières, et notamment la distance minimale d’1m entre chacun, semblent impossible.

"L’entreprise se donne le droit de les mettre en absence injustifiée"

Stacy accueille chaque jour tous les camions de livraison: "On s’occupe de prendre les clés des chauffeurs, on les met à quai, on doit communiquer avec eux, prendre leurs papiers, on se retrouve dans la même salle qu’eux. Ce sont des camions qui viennent du monde entier et on en a encore qui viennent d’Italie".

Estimant être en danger grave et imminent, des salariés ont quitté leur poste ces derniers jours. Jérome Guilain, délégué syndical SUD: "Le problème c’est que là, les gens se mettent en droit de retrait mais l’entreprise se donne le droit de les mettre en absence injustifiée. C’est non payé et avec risque de sanction".

Contactée, la direction assure suivre strictement toutes les procédures recommandées par les autorités.

Lionel Top et Pauline Delevoye (avec C.P.)