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"Je ne cèderai pas": la suspension de soignants non-vaccinés laisse des familles sans solution

Depuis un mois, le vaccin est obligatoire pour les soignants. Et les non-vaccinés contre le Covid-19 voient leur contrat de travail suspendu, provoquant des pénuries dans certaines régions.

En temps normal, elle compte et elle s’appuie sur eux. Aujourd’hui Magaly se débrouille seule. L’obligation vaccinale des soignants la prive de l’orthophoniste et de l’ergothérapeute de sa fille, dyslexique:

"J'ai récupéré des petites choses pour que la dyslexie puisse être travaillée. Je m'improvise ergothérapeute et orthophoniste. Heureusement que je connais mon enfant et que je connais ses difficultés mais je ne remplacerais jamais quelqu'un qui a l'expérience professionnelle", raconte-t-elle à RMC.

Car en Alsace, le secteur du soin et de l’aide à domicile est plus tendu que jamais. Avec, au bout de la chaîne, des familles qui essayent de gérer, tant bien que mal.

"Je suis navrée d’arrêter les prises en charge"

La fille de Magaly, c’est Luna en CM2 qui se dit "un peu abandonnée", par ses soignants non-vaccinés: "L'ergothérapeute me permet de mieux écrire et l'orthophoniste de mieux lire. Parfois maman, elle ne fait pas certaines choses qu'ils font. C'est un peu embêtant, ce n'est pas une professionnelle", assure-t-elle.

Jointe par RMC, l’orthophoniste de Luna, anti-vaccin assumée, ne fera pas de pas en avant: "Je suis navrée d’arrêter les prises en charge, mais je ne céderai pas", assure-t-elle.

Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, 0,6% des soignants non-vaccinés sont actuellement suspendus, ce qui représente entre "10.000 et 15.000" professionnels. Des chiffres relativement faibles, mais qui viennent aggraver la situation dans certains secteurs médicaux déjà sous tension.

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Arthur Helmbacher (avec Guillaume Dussourt)