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"Je ne me sens pas protégée": l'inquiétude d'une élue sur le protocole Covid pour le vote

Pour le premier tour de la présidentielle ce dimanche, pas besoin de masque pour se rendre à l'isoloir, et même si vous êtes positif, vous pourrez tout de même pour rendre au scrutin. Une situation qui inquiète les assesseurs, obligés de tenir les bureaux de vote.

Le premier tour de l'élection présidentielle, c’est ce dimanche. Les Français sont appelés à aller voter. Et alors que le gouvernement a levé les restrictions sanitaires comme le pass vaccinal ou le port du masque, certains pointent un protocole sanitaire trop léger dans les bureaux de vote.

C’est le cas d’Émilie, 41 ans. Elle habite près de Nancy, à Champey-sur-Moselle. Et comme elle est conseillère municipale, elle est obligée de tenir un bureau de vote dimanche. Sauf qu'en pleine pandémie, ça l'inquiète beaucoup.

"En tant qu’assesseur, je ne me sens pas protégée. J’ai mon papa qui sort tout juste d’une opération du poumon, que je vois juste après le week-end, et j’ai peur de lui ramener des cochonneries. Il y a des personnes qui sont fragiles, des personnes âgées, et j’ai l’impression que l’Etat ne fait pas attention à nous, les élus", indique-t-elle.

En 2020, pour les municipales, le port du masque était obligatoire. On était obligé de se laver les mains, de rester loin les uns des autres. Là, les bureaux de vote seront aérés, mais il n'y aura plus de distanciation sociale. Il y aura des masques à disposition, mais rien ne vous oblige à les porter.

"Que chacun pense un peu aux autres"

Et puis surtout, ce qui inquiète Émilie, c'est que les personnes positives au Covid pourront venir voter en personne.

"On a vraiment l’impression que les mesures barrières ont été supprimées pour les élections. Là, on les a enlevées un peu avant et je suis persuadée qu’on les remettra un peu après. Que chacun pense un peu aux autres. Oui, c’est désagréable de porter le masque, mais là maintenant que tout est levé, on peut le porter dix minutes, comme à l’hôpital ou dans d’autres endroits. Pensez aux assesseurs, aux bénévoles, aux personnes qui attendent avec vous et protégez-les", insiste-t-elle.

L’épidémie de Covid est repartie à la hausse ces dernières semaines, mais le pic a été atteint selon Olivier Véran, le ministre de la Santé. Contacté, pour savoir s'il y aurait des dispositions particulières pour protéger les élus comme Émilie, le ministère de l'Intérieur assure qu'il y aura des autotests à disposition pour les assesseurs qui le souhaitent.

Anne-Lyvia Tollinchi et Marie Dupin avec Guillaume Descours