RMC

"Je suis sous oxygène toute la journée": touché par le coronavirus, Bernard est hospitalisé à domicile

Olivier Véran veut encourager l'hospitalisation à domicile pour les patients atteints du coronavirus avec comme objectif de désengorger les hôpitaux. Concrètement, au lieu d'être hospitalisés, les patients restent chez eux dans des conditions encadrées.

Le ministre de la Santé souhaite encourager l'hospitalisation à domicile pour les patients atteints du Covid avec un objectif: désengorger les hôpitaux. Concrètement, au lieu d'être hospitalisé les patients restent chez eux dans des conditions encadrées. "C’est une vraie différence avec la première vague où la gestion était très hospitalo-centrée" a reconnu Olivier Véran jeudi dernier. Alors comment se passent ces prises en charge à domicile?

Confortablement installé sur son canapé, Bernard, habitant d'Orvault près de Nantes, reçoit son traitement dans son salon. Un tuyau relie une machine bruyante à son nez. 

“C’est un concentrateur d’oxygène qui récupère les 20% d’oxygène qui sont dans l’air, qui va concentrer ça pour envoyer de l’oxygène dans le tuyau qui est là. Moi, je suis sous oxygène 24h sur 24”, indique-t-il. 

Ce patient Covid de 68 ans, a été testé positif il y a cinq semaines. Même s'il n’est pas passé par l'hôpital, son état de santé s’améliore petit à petit. “Je me sens beaucoup mieux qu’il y a un mois, mais toujours avec une fatigue qui peut arriver rapidement. Faire cinq ou dix pas, c’est difficile”, explique-t-il.

Une alternative à l'hospitalisation qui rassure Sylvette, l’épouse de Bernard. “Pour le moral, ça me fait du bien qu’il soit là aussi. Ca permet d’être ensemble déjà, et ça m’évite de faire les aller-retours à l’hôpital”, détaille-t-elle. 

Un protocole rare

En plus de son traitement, appelé oxygénothérapie, Bernard reçoit tous les jours la visite d’une infirmière. Aujourd’hui, c’est Fabienne. Elle réalise différents contrôles.

“Là, on est dans la surveillance de sa fréquence cardiaque, de sa fréquence respiratoire, de sa saturation d’oxygène. Donc on le surveille quotidiennement de manière à pouvoir ajuster si nécessaire”, explique-t-elle. 

Bernard est également suivie par sa médecin généraliste en téléconsultation. De l’autre côté de l’écran, la docteure Pascale Geffroy. Même si tout est sous contrôle, elle précise: l’oxygénothérapie à domicile comporte des risques.

“Les risques majeurs c’est qu’on soit à la phase aiguë de la maladie et qu’à tout moment le patient décompense, c’est-à-dire manquer d’oxygène, avoir une tension qui chute et être en insuffisance respiratoire et qu’on ne soit pas capable de le prendre en charge à domicile. Quand un patient décompense, sa place est en réanimation pas à domicile”, appuie-t-elle.

Un protocole encore rare. D’ailleurs, Bernard est le seul patient du docteur Geffroy oxygéné à domicile.

Maxime Levy avec Guillaume Descours