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"Je vais certainement recevoir des menaces de mort après cette interview": le Pr Eric Caumes dénonce le "scandale sanitaire" de la maladie de Lyme sur RMC

Le chef du service de maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris était face à Jean-Jacques Bourdin ce vendredi.

Une affaire montée en épingle? Eric Caumes dénonce. Invité ce vendredi matin de RMC, le spécialiste des maladies Infectieuses et tropicales à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière est venu présenter son nouveau livre sur la maladie de Lyme.

Selon Eric Caumes, il y a une imposture majeure de la santé publique français autour de cette maladie infectieuse qui est transmise par des tiques et qui se caractérise par une série de symptômes tels que des éruptions cutanées, un état grippal et des douleurs musculaires et articulaires. 

Dans son enquête, il dénonce "une poignée d'irréductibles qui en a fait un problème sanitaire de premier ordre, pourtant sans commune mesure avec la réalité".

Il s'appuie sur son expérience: après avoir reçu des patients qui venaient le consulter se pensant atteints de cette maladie, en fait, "près de 90 % d'entre eux avaient une autre pathologie et beaucoup étaient traités abusivement". En cause: un "sur-diagnostic". 

"En quelques semaines d’antibiotiques, ça se traite très bien"

Face à Jean-Jacques Bourdin, l'infectiologue - largement intervenu sur notre antenne pour apporter des éclairages quant au Covid-19 - accuse:

"C'est une vraie réalité, une vraie maladie mais tout ce qui est surtraitement, surdiagnostic, relève de l’imposture. Il n’y a pas de mort de la maladie de Lyme. C'est moins de 1000 hospitalisés en France" plaide-t-il. "En quelques semaines d’antibiotiques, ça se traite très bien, pas plus de 3 semaines. Quelque part, c’est un scandale sanitaire, on a exposé des personnes à des traitements inadaptés: opium, cortisone... Certains avaient 27 médicaments à vie sur leurs ordonnances!" 

Avant de préciser: "Ce sont des idées complotistes qui pénètrent au plus haut niveau de l'administration", dénonçant notamment Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches, considéré par certains complotistes comme une "caution scientifique" et adepte des "théories alternatives". 

"Je suis étonné du laxisme, du sens de la démagogie qui incite les politiques à écouter plus les associations que les scientifiques. Ces élus sont au garde à vous devant les associations, c’est incroyable pour moi. Ils ont pété les plombs. Et je vais probablement recevoir des menaces de mort dans mes courriels, après cette interview" confie Eric Caumes. 
X.A