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"Je vais mourir en juillet, je veux qu'on me donne les moyens de le faire dignement": Geneviève veut pouvoir avoir recours au suicide assisté

TÉMOIGNAGE RMC - Atteinte d'un cancer du pancréas et alors que les médecins lui donnent quatre mois à vivre, Geneviève, une auditrice, réclame le droit à l'euthanasie, pour pouvoir partir dignement.

Le débat sur l'euthanasie et le suicide assisté est relancée. Le 4 mars, c'est l'ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées Geneviève Guinchard qui est morte à l'âge de 71 ans après avoir procédé à un euthanasie en Suisse. Car la France continue de s'opposer à toute aide à la mort alors que 96% des Français y seraient favorables.

C'est le cas de Geneviève, une auditrice de RMC atteinte d'un cancer du pancréas depuis 10 ans qui pense au suicide assisté: "C'est mon droit, c'est mon corps, j'ai le droit de choisir la façon dont je vais terminer. Je souffre mais j'angoisse aussi de savoir comment je vais mourir. Cette angoisse est également sur le dos des personnes de confiance et de ma famille", raconte-t-elle ce mercredi.

"J'ai vu mon grand-père dans un état de 'légume', il ne pouvait rien faire il était sous respirateur à la fin de sa vie. C'est affreux en tant que proche de voir ça", raconte Victoria une autre auditrice de RMC. "Je ne peux pas parler à sa place mais je pense qu'il n'a pas aimé vivre cette situation", plaidant pour le choix du suicide assisté.

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"Je vais décéder à peu près en juillet, et je veux pouvoir le faire dignement"

Mais pas question de parle de suicide pour autant, un mot trop lourd pour Geneviève:

"Ce que je veux c'est qu'on me donne les moyens de faire le geste toute seule. Je ne veux pas que l'on attende que je sois pourrie et qu'on me traîne dans ma salle de bains pour ma toilette. J'ai été indépendante toute ma vie, je me suis débrouillée toute ma vie. Je veux rester maître de mon choix, je ne veux pas qu'on me prolonge dans des conditions de déchets", témoigne-t-elle très émue.

"Je sais comment je vais finir. Le professeur que j'ai vu à l'hôpital m'a dit que j'étais sur une autoroute en sens inverse et qu'en juillet j'allais me prendre un 38 tonnes en pleine face. Je vais donc décéder à peu près en juillet, et moi je veux pouvoir le faire dignement", conclu Geneviève.

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Guillaume Dussourt