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L'accessibilité aux cabinets médicaux: un calvaire quotidien pour Alexandre, handicapé moteur

Que ce soit pour monter sur les trottoirs, grimper dans un bus, un métro, un train, ou accéder à un cabinet médical, la France n'est pas à la hauteur des engagements pris en 2005, avec la "loi handicap", qui promettait une meilleure accessibilité.

Selon une étude menée par l'Association des Paralysés de France, 86% des Français disent être confrontés au moins de temps en temps à des problèmes d'accessibilité. 

Parmi les lieux insatisfaisants: les cabinets médicaux et paramédicaux. 43% des personnes interrogées ne les trouvent pas assez accessibles. C'est 53% chez ceux qui se déplacent en fauteuil ou en béquille, comme Alexandre, infirme moteur cérébral depuis sa naissance.

Un simple rendez-vous médical dans son quartier peut vite tourner au calvaire pour lui. "Il faut accéder à l’interphone, ouvrir la porte, appuyer sur l’ascenseur qui est au bout du couloir", énumère Alexandre. Sans parler des salles, souvent trop petites pour accueillir son fauteuil. Heureusement, il peut consulter un médecin dans le foyer où il vit.

Les médecins demandent plus de temps

Consulter un spécialiste est plus compliqué. Alexandre y perd beaucoup de temps, encore plus d'énergie. Et il est obligé de mettre ses proches à contribution.

"Ça implique que maman pose une journée de congés. Quand elle ne peut pas soit, on annule carrément le rendez-vous, soit j’y vais avec quelqu’un, mais pour trouver ce quelqu’un d’autre c’est aussi très compliqué", affirme-t-il.

Quinze ans après la loi "handicap", le Docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, demande encore du temps. "Quelques fois pour le médecin, la situation était délicate entre j’adapte mon local, mais il y a des choses que je ne peux pas faire parfaitement ou de déménager, mais je n’ai pas les moyens de déménager", indique-t-il. 

Il aimerait aussi plus de dialogue avec les communes pour trouver des locaux plus adaptés à l'accueil des personnes à mobilité réduites.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours