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La menace climatique vous fait-elle peur? Ça fait débat sur RMC

Ce jeudi devrait être la journée la plus chaude de la semaine. Un épisode caniculaire qui fait tomber tous les records: 40,9 degrés à l’ombre relevés hier à Clermont-Ferrand. Les projections des climatologues prévoient des températures moyennes autour de 50 degrés d’ici la fin du siècle. Et cette accélération du dérèglement climatique inquiète de plus en plus de Français.

Vous avez peut-être autour de vous des proches qui vous confient leurs angoisses. Comment arrivera-t-on à supporter des vagues de chaleur à répétition? Comment nos enfants grandiront-ils? Vous êtes peut-être vous-même persuadé qu’il faut quitter au plus vite les grandes villes, aller se réfugier à la campagne. Sans vraiment savoir comment faire, avec ce sentiment d’impuissance. Tout cela porte un nom. L’éco-anxiété, la peur chronique d’un environnement condamné. Ou encore la solastalgie, la nostalgie d’un chez-soi disparu en raison d’un changement environnemental.

Ça peut faire sourire certains, mais ces angoisses sont de les plus en plus prégnantes. Selon l’Ifop, 85% des Français se disent inquiets du réchauffement climatique. Une inquiétude qui peut accroître les pathologies liées au stress comme les addictions ou même déboucher sur des troubles anxieux voire des dépressions.

"Il faut agir pour être en accord avec ses valeurs"

Alice Desbiolles est médecin de santé publique spécialisée en santé environnementale:

"Ca va se traduire, selon les personnes, par une tristesse, des troubles du sommeil. Certains vont même se poser la question de faire des enfants ou pas. La peur de ce que sera potentiellement le monde de demain si on ne change pas nos modes de vie et de consommation. Le traitement dépend de chacun. Quelque chose qui marche bien, c'est d'agir pour être en accord avec ses valeurs. Pas mal de personnes ont changé de métier, de lieu d'habitation. Ça peut être aussi manger moins de viande, d'adopter un mode de vie plus résilient, de moins prendre l'avion. Des petits gestes au quotidien qui peuvent avoir un très gros impact".

Comme pour toutes les angoisses, il ne suffit pas de se dire "ça va aller" pour que ça passe. Il faut apprendre à vivre avec. En s’engageant dans des actions de préservation de la planète, comme le préconise Alice Desbiolles. Ou bien en se tournant vers des méthodes antistress et de relaxation.

Matthieu Rouault