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"La mort au temps du Covid est d’une violence inouïe": les familles de victimes réclament une aide de l'Etat

Presque chaque jour, les chiffres sont donnés par les autorités. Mais derrière cette dramatique comptabilité des centaines de familles sont endeuillées quotidiennement.

Cinq mois que Dominique est décédé. Laurent, son fils, confie qu'il est encore difficile pour lui d'admettre que son père est mort. Dominique fait partie des presque 100.000 morts du Covid en France.

“C’est vrai qu’on a tendance à s’habituer à ces chiffres qui nous sont égrenés tous les jours. Et dernière ces chiffres il y a des vies, des familles brisées”, indique-t-il.

La famille Frémont est favorable à un deuil national. Mais Laurent préférerait que le gouvernement aide mieux les proches des victimes... “Je comprends tout à fait que les gens aient besoin d’un hommage national donc c’est une très bonne première étape. Mais je pense qu’on ne pourra pas s’arrêter à des symboles", ajoute-t-il.

Pour Julie Grasset, présidente de l’association de victimes du covid, “Coeur-vide 19”, l'hommage national et une évidence.

“Nous ne demandons pas à la population de porter notre deuil, nous demandons simplement à la Nation, au chef de l’Etat, de nous aider à honorer nos morts, à leur rendre leur dignité. Il faut que la nation se rende compte que la mort au temps du Covid est d’une violence inouïe. Les protocoles sanitaires qui s’abattent sur les proches et sur les familles sont inhumains, déshumanisants, et vous broient littéralement”, assure-t-elle.

Une nécessité pour les familles

Elle assure qu’elle est ouverte sur le type d’hommage qui pourrait être rendu. “Il peut prendre une forme assez simple. Déjà un discours du chef de l’Etat en tant que père de la Nation, qu’il fasse preuve d’empathie, de compassion. Ça peut être une fresque comme à Londres, aux Etats-Unis, les cloches de l’église de Washington ont sonné 500 fois. Ça peut être des minutes de silence”, énumère-t-elle.

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Pour la psychologue et professeur, Marie-Frédérique Bacqué, les familles n'ont pas pu bénéficier des rites funéraires qui sont très importants.

“Il faut donner une occasion de faire ces cérémonies. Ca pourrait être une demie-journée, ou une journée qui permettrait d’honorer ces morts qui ne l’ont pas été suffisamment pendant l’épidémie”, indique Marie-Frédérique Bacqué.

Elle aimerait un jour spécial pour honorer les morts du Covid. Pour l'heure, l'hommage national n'est pas encore défini.

Fany Boucaud avec Guillaume Descours