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"La population doit s'habituer au masque en hiver", affirme le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine

La France fait actuellement face à à trois épidémies: grippe, covid et bronchiolite. Afin d'éviter au maximum les contaminations, le gouvernement envisage potentiellement un retour obligatoire du port du masque dans certains lieux. Pour Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, invité sur RMC ce vendredi, le port du masque va même devoir devenir une habitude, tous les hivers.

Après le retour brutal de la grippe et l'ampleur de l'épidémie de bronchiolite, la France semble faire face à une nouvelle vague de covid. C'est une difficulté supplémentaire notamment pour les hôpitaux qui sont en grande tension, faute de personnels, notamment.

La grève des médecins, commencée jeudi, s'ajoute à ces difficultés. Ils protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail et pour l'augmentation du tarif des consultations chez le médecin généraliste, entre autres.

Selon le syndicat UFML, "75% à 80%" des cabinets étaient fermés jeudi et certains le sont toujours ce vendredi. Par conséquent, les patients se rabattent sur les urgences des hôpitaux. Ça n'est pas le meilleur réflexe, souligne sur RMC, Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

"Quand c'est possible, il faut trouver un médecin généraliste et sinon passer par d’autres professionnels de santé qui peuvent aider à régler un certain nombre de problèmes. Le cas échéant, il est possible d'appeler le 15 pour gérer la situation, mais il faut éviter d'aller aux urgences", explique-t-il.

L'importance des gestes barrières

Pour éviter que la situation s'envenime, il souhaite "rappeler à la population les gestes barrières: se laver les mains, mettre son masque, aérer les pièces quand on est plusieurs et la vaccination".

D'après les informations de RMC, le gouvernement a saisi le Covars, le nouveau comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, pour qu'il rende un avis sur l'utilité d'un retour du port obligatoire du masque dans les lieux clos.

Qu'en pense Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine ? "Ça n’est pas à moi de décider si le masque doit être obligatoire ou pas, il va falloir un avis scientifique et après une décision gouvernementale", affirme-t-il.

La population doit s'habituer au masque en hiver

En revanche, d'après lui, "il va falloir que la population s'habitue, comme c’est le cas dans d’autres pays depuis longtemps, à mettre le masque en hiver quand il y a des épidémies, pour se protéger".

Il ajoute: "Ces mesures barrières sont efficaces et vont devenir indispensables chaque hiver, avec ou sans Covid. Cela doit devenir une habitude comme on a à se laver les mains après être passé aux toilettes ou de se laver les dents le matin. Personne ne contredit ces gestes importants dans notre hygiène de vie pour rester en bonne santé."

L'urgentiste Patrick Pelloux, invité de RMC ce vendredi matin confirme que le masque devrait rentrer les moeurs: "Porter le masque, il aurait fallu que ça rentre beaucoup plus dans la culture", regrette-t-il.

Sur les trois épidémies qui touchent le pays en ce moment, c'est celle de la grippe que Benoît Elleboode redoute le plus.

"On s'inquiète aussi du covid, mais on a moins d'immunité contre la grippe. Surtout que, comme les gens en ont un peu ras-le-bol des vaccins, on se rend compte que la vaccination marche moins bien que les années précédentes", souligne-t-il.

Le directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine conclut: "Je ne désespère pas que la population prenne ses responsabilités pour se protéger, pour protéger ses proches et qu’on arrive à limiter l’épidémie."

AB