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Manifestations anti-pass sanitaire et menaces de mort: Darmanin demande aux préfets de renforcer la protection des élus

Près de 114.000 personnes, dont 18.000 à Paris, ont à nouveau manifesté samedi à travers la France contre la "dictature sanitaire".

La tension était palpable dans certains défilés. Et certains s'en sont directement pris à des biens. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a écrit vendredi soir aux préfets pour leur demander de renforcer les mesures de protection envers les élus dans le contexte des mobilisations des anti-vaccins.

Ces derniers jours, "des messages de menaces à l'encontre de parlementaires et d'élus se multiplient dans le contexte des revendications anti-vaccinales", écrit Gérald Darmanin dans cette note consultée par l'AFP, également adressée aux directeurs de la police et de la gendarmerie. En leur demandant "de mobiliser les forces de sécurité intérieure placées sous votre autorité pour rassurer les élus, prévenir ces actes et réagir rapidement en cas d'évènement", le ministre rappelle que des actions "parfois violentes" ont eu lieu sur des "permanences et à l'encontre des assistants parlementaires".

Une quinzaine de manifestants anti-vaccins ont ainsi envahi vendredi la permanence du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) à Châteaulin (Finistère), avant d'être mis en fuite par une patrouille de gendarmerie.

Dans le détail, Gérald Darmanin réclame aux préfets et aux forces de l'ordre de "renforcer la surveillance aux abords des permanences des parlementaires ainsi que de leur domicile le cas échéant" ou encore de prendre contact avec les parlementaires et élus pour "leur rappeler les démarches à suivre en cas d'incident".

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"Je suis armé jusqu'au cou"

Deux députés LREM, Alexandre Freschi (Lot-et-Garonne) et Jean-Marc Zulesi (Bouches-du Rhône) ont posté sur les réseaux sociaux les messages de menaces reçus, alors que le projet de loi sur les nouvelles mesures anti-Covid doit être débattu cette semaine à l'Assemblée nationale.

"Je suis armé jusqu'au cou. Faites bien attention à ce que vous allez voter concernant le pass sanitaire, vous n'avez pas intérêt à vous tromper de bouton", écrit notamment l'expéditeur anonyme qui a utilisé comme adresse mail "mort@mort.mort".

"Porter des sentiments de haine et de furies ne peut jamais s'entendre, d'autant plus lorsque cela se traduit par des menaces de mort", a réagi samedi sur sa page Facebook Alexandre Freschi. "Ceux qui menacent sont des lâches", a-t-il ajouté. "Je suis la cible de menaces et d'intimidations jusqu'à mon domicile. Ces méthodes sont ignobles", a de son côté tweeté vendredi Jean-Marc Zulesi.

Richard Ferrand avait par ailleurs annoncé jeudi porter plainte, en raison de menaces de mort reçues par des députés soutenant les mesures vaccinales et le pass sanitaire présentés lundi par Emmanuel Macron.

Près de 114.000 personnes, dont 18.000 à Paris, ont à nouveau manifesté samedi à travers la France contre la "dictature sanitaire".

Mercredi, jour de fête nationale du 14 juillet, quelque 19.000 personnes selon l'Intérieur avaient déjà manifesté dans le pays pour protester contre les annonces du chef de l'Etat.

La rédaction de RMC avec AFP