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"On est en guerre, on est des guerriers": les routiers toujours mobilisés sur le front du Covid-19

Qui sont ces Français, la deuxième ligne, qui ont continué depuis un an malgré tout à faire leur travail pour nous puissions continuer à vivre presque normalement? Zoom ce matin sur les chauffeurs routiers qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour approvisionner les grandes surfaces, parfois dans des conditions très difficiles.

Quand il regarde dans son rétroviseur, Philippe 61 ans, se souvient de ces trajets, seul sur la route, lors du 1er confinement il y a 1 an: "Au début on faisait nos besoins dans l'herbe, il n'y avait pas de stations ouvertes ni rien. Ceux qui partaient la semaine, je ne sais pas comment ils faisaient". Et encore aujourd'hui, malgré ses problèmes de santé, ce chauffeur routier continue de travailler, avec le risque Covid-19 dans un coin de sa cabine:

"J'ai du diabète, je suis asthmatique, j'ai de la tension, j'ai tout ce qui ne va pas, je suis bien enrobé, si j'attrape le Covid-19 je vais à l'hôpital. Je vais dans des plates-formes, je mets le masque et si je vois quelqu'un qui n'en a pas je m'en vais. J'estime qu'on a notre part à faire. Il y a des soignants, des infirmiers, des médecins qui se battent, nous on le fait aussi. Comme l'a dit Monsieur Macron, on est en guerre. On est des guerriers".

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"Si nous on s'arrête demain, plus personne ne mange dans le pays"

Philippe parcourt les routes de France depuis 25 ans dans son camion, mais il n'a jamais autant ressenti ce besoin de reconnaissance de la population: "Les seuls trucs qu'on avait de sympa c'était les panneaux d'autoroutes. Autrement, on était là mais on est un peu les oubliés. Si nous on s'arrête demain, plus personne ne mange dans le pays".

Philippe parcourt 80 000km par an. Et à la fin de l'année, il pourrait prendre sa retraite mais il n'est pas encore prêt: "Je pense que je continuerais. Je ne tiens pas à rester chez moi comme un être isolé. On sort quand même quand on est sur la route. On côtoie un peu de monde. Si on est encore sous des restrictions, je continuerai". Alors en attendant, Philippe reprend la route. Son rêve : pouvoir retourner au cinéma dès que la situation sanitaire le permettra.

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Gwenaël Windrestin (avec G.D.)