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"A la rencontre du confinement du 3ème type": comment Emmanuel Macron a-t-il pris la décision de nouvelles mesures "hybrides"?

Un "vrai-faux" confinement dans 16 départements: comment, en quelques heures finalement, le chef de l'Etat et le gouvernement ont décidé de serrer la vis là où ça fait mal.

Tout ça pour ça? 16 départements sont concernés par ce nouveau confinement, qui ne dit pas son nom.

Emmanuel Macron avait promis de tout faire pour éviter un nouveau confinement, mais face à l'aggravation de la situation sanitaire, le chef de l'Etat n'a pas eu d'autre choix que de serrer la vis. 

En quelques heures, Emmanuel Macron a pris conscience qu'il fallait taper dur: deux rencontres en moins de 24h avec des médecins, un déjeuner avec Jean Castex pour finaliser les mesures... L'urgence sanitaire est palpable: 1.200 personnes soignées en réanimation rien qu'en Ile-de-France, c'est plus qu'avant le confinement de l'automne.

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Mais c'est un confinement qui ne dit pas son nom, avec des sorties autorisées sans limite de temps. Avec une inquiétude majeure pour l'exécutif: ces mesures seront-elles acceptées dans les 16 départements concernées? Jeudi soir, Jean Castex et Olivier Véran ont longuement insisté sur cette nouvelle stratégie "freiner sans enfermer".

""Macron exècre le mot 'confinement'"

"Le discours de guerre et la sidération des gens nous avaient permis de réussir le 1er confinement, mais qu'en sera-t-il cette fois?" s'interroge un fidèle du Président à RMC. Car c'est là tout l'enjeu: l'acceptabilité de ce troisième confinement en un an pour 22 millions de personnes.

"Macron exècre ce mot de confinement, il est très vigilant face au mal-être des Français", raconte un de ses interlocuteurs réguliers. Et cela n'empêche pas les critiques des habitants, des soignants... et des élus locaux qui sont furieux, tous vent debout face au manque de concertation. 

Certains ont appris le confinement de leur département devant leur télé, comme le député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel. 

"C'est ce qu'on fait quand on a tout raté"

Les élus locaux regrettent la méthode de l'exécutif: "On n'a rien appris. Un an après on prend les mêmes et on recommence". L'attaque, cinglante, vient du président de la région PACA, très remonté par ce nouveau confinement dans les Alpes-Maritimes. "Ce qu'on impose aux Français est très violent", ajoute Renaud Muselier, sur la même ligne que la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui juge ces mesures très dures à vivre pour les Franciliens.

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Des doutes donc, sur l'acceptabilité des mesures annoncées par Jean Castex. Des doutes aussi sur l'efficacité de "ce confinement du troisième type". 

L'autorisation de sortir sans limite de durée ne convainc pas vraiment les élus locaux. Pour Christian Estrosi, le maire de Nice, c'est très clair: cela ne suffira pas. Il redoute une aggravation de la situation dans les autres régions de France. Même constat en Normandie, où le Président de région Hervé Morin dénonce le pari perdu d'Emmanuel Macron. Et Marine Le Pen d'asséner: "Le confinement, c'est ce que l'on fait quand on a tout raté".

Paul Barcelonne et Romain Cluzel avec Xavier Allain