RMC

"On est fatigué": face à l'affluence dans les laboratoires, les employés débordés par le nombre de tests

Le personnel est débordé car il faut d'abord accueillir les patients, les tester et ensuite traiter tous les prélèvements.

Un nouveau record du nombre de contaminations : près de 9.000 nouveaux cas détectés en 24 heures Rentrée oblige, les queues se font de plus en plus longues devant les laboratoires. Nombreux sont ceux qui veulent savoir s'ils sont porteurs ou non du virus à l'heure où ils reprennent le travail, l'école ou le chemin de l'université. 

Les délais pour les résultats ont donc tendance à s'allonger, parfois jusqu'à cinq jours d'attente dans certains laboratoires. Côté laborantin, la tâche est loin d'être simple. Il faut, dans un temps record, accueillir les patients et traiter tous les prélèvements.

Des cadences infernales comme dans ce laboratoire à Neuilly dans les Hauts-de-Seine. Il n'y a pas de temps mort dans la journée de Christelle, l'une des quatre secrétaires médicales du laboratoire. Un nouveau patient et un nouveau dossier à créer toutes les cinq minutes. Un rythme effréné et pourtant les équipes ont été doublées pour la rentrée. 

“Ca ne s’arrête pas, on n’a pas le temps de manger, on n’a pas le temps d’aller aux toilettes. C’est très très dur. On a vraiment beaucoup augmenté le nombre de dossiers et on est fatigué”, assure-t-elle. 

Le docteur Caroline Gustmuth en charge du labo a même dû créer une nouvelle salle. “On a débarrassé cette salle qui était au départ une salle de réserve et on a installé un fauteuil pour pouvoir prélever”, indique-t-elle.

Des grèves dans la Sarthe

300 tests sont réalisés chaque jour dans son labo et analysés en continu. “On valide 24h sur 24, il y a une astreinte, un biologiste de garde tous les soirs. Pour les résultats positifs, il y a même des fois des appels à 23h parce qu’on doit prévenir les personnes tout de suite”, assure-t-elle. 

Les résultats sont communiqués aux patients en 48h maximum. Nora Chergui travaille ici depuis 17 ans, elle n'a jamais connu une telle pression.

"C’est une activité qui est exceptionnelle donc on essaye d’écourter le temps d’attente, mais tout faire. Il faut faire un travail précis, minutieux, recevoir avec une qualité humaine, donc on ne peut pas brader cette qualité-là”, assure-t-elle. 

Le laboratoire s'attend tout de même à une baisse de fréquentation dans les jours à venir. Dans la Sarthe, les salariés des laboratoires Laborizon Maine-Anjou se disent épuisés. Ils menacent de faire grève. Une première réunion a eu lieu vendredi avec les responsables syndicaux, mais elle n'a rien donné. Une nouvelle réunion avec le personnel doit avoir lieu lundi pour savoir quelle suite donner au mouvement.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours