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"On n'est pas traités comme les autres, il faut sans arrêt se battre": les personnes en situation de handicap sont-elles les oubliées de la vaccination?

Alors que la campagne de vaccination des personnes en situation de handicap, considérées comme prioritaires, connaît des retards, le président d'une association pour handicapés, demande la vaccination des aidants et des familles. Une vaccination qui permettrait de rompre les chaînes de transmission.

La campagne de vaccination en France est en retard sur les temps de passages prévus. Et selon le JDD, elle aurait également pris du retard chez les personnes en situation de handicap, pourtant considérées comme prioritaires.

Problème, chez les personnes atteintes d'un retard mental, le risque d'être hospitalisé après avoir attrapé le Covid-19 est 4 fois plus important que chez les autres personnes, et le risque d'en mourir, 7 fois plus important.

"Les personnes en situation de handicap sont toujours en retard et doivent se battre. C'est compliqué pour eux, ils sont oubliés", déploraient ce lundi sur RMC Jean-Louis Garcia, le président de l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apahj).

"Quand on est en situation de handicap, on n'est pas traité comme les autres personnes de la société, on est deux fois plus chômeur, on a des difficultés pour accéder à l’école, les femmes en situation de handicap sont deux fois plus victimes de violences. On n'est pas traités comme les autres personnes de la société, il faut se battre en permanence pour que leurs droits soient respectés. Ils doivent être respectés comme les autres", déplore-t-il.

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"Que les parents et les familles soient vaccinés au même moment que leur enfant, pour rompre les chaînes de contamination"

Car en théorie, les personnes atteintes de trisomie 21 sont considérées comme prioritaires ainsi que les personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge, hébergées en maisons d’accueil spécialisées (MAS) et foyers d’accueil médicalisés (FAM). Seuls les adultes hébergés en foyers de vie, en IME (instituts médico-éducatifs) ou à domicile en sont écartés (sauf les trisomiques).

Jean-Louis Garcia plaide pour donner la priorité aux aidants familiaux, au contact des publics vulnérables et non par tranche d’âge: "Nous réclamons que les parents et les familles en même temps que leurs enfants, adultes ou pas adultes soient vaccinés au même moment que leur enfant, pour rompre les chaînes de contamination qui peuvent exister". On a oublié les professionnels du monde du handicap lors du Ségur de la Santé. On a une façon de comprendre le handicap qui n’est pas satisfaisante", ajoute-t-il.

On recensait samedi 9.251.321 de personnes ayant reçu une première dose et parmi elles 3.091.225 ayant reçu les deux doses.

Guillaume Dussourt