RMC

"On ne s’est pas senti plus agressé que ça": à la Pitié-Salpêtrière, le personnel soignant réfute une attaque de casseurs

Alors que plusieurs manifestants ont tenté d'entrer dans l'hôpital pendant la manifestation du 1er-Mai, l'exécutif a dénoncé une "attaque" et des "incidents très graves". Pourtant certains affirment que ces manifestants cherchaient juste à se réfugier.

L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement de Paris a-t-il subi une intrusion ou une attaque? L’enquête se poursuit deux jours après le 1er-Mai. Des manifestants avaient tenté de s’introduire dans un bâtiment de l’hôpital. Après la manifestation, le gouvernement, et notamment Christophe Castaner, avaient dénoncé une "attaque". Jeudi, toutes les personnes qui été placées en garde à vue ont été libérées. Et cette version est réfutée par des vidéos ainsi que des personnels soignants eux-mêmes.

Sur les images tournées dans l’hôpital, des soignants retiennent la porte pour éviter que des manifestants ne pénètrent dans le service de réanimation. Parmi eux, Gwenaëlle, une infirmière. Elle décrit une situation rapidement gérée. 

"Si vous rentrez à cinquante personnes dans une structure telle que la réanimation, on ne sait pas ce qui peut se passer. On ne s’est pas senti plus agressé que ça, ça a été géré. Notre volonté, c’était vraiment de sécuriser le matériel, nos collègues, les patients", explique-t-elle.

Une plainte contre X déposée

Des manifestants pacifiques donc, un constat également fait par Sophie, infirmière dans un service situé juste au-dessus de la réanimation.

"Ils se cachaient les yeux, la bouche pour essayer de ne pas recevoir quoi que ce soit de la part des policiers. Je pense juste que ces gens-là voulaient se réfugier en fait", affirme-t-elle. 

Yann Flecher, infirmier et représentant du syndicat CGT, déplore les propos hâtifs du ministre de l’Intérieur. "Il n’y a jamais eu d’attaque. La seule attaque qu’il y a eue, ce sont les forces de l’ordre qui poursuivent des gens au sein d’une entrée qui n’est nullement identifiée comme entrée de l’hôpital", indique le syndicaliste. 

Pour le personnel soignant présent au moment des faits, une cellule psychologique a tout de même été mise en place. 

La direction de l'hôpital a bien comme annoncé porté plainte contre X et maintient avoir subi des dégradations. Dans le procès-verbal que BFMTV a pu consulter, la directrice décrit une intrusion en deux temps par deux entrées différentes. Le ministère de l'Intérieur, lui, parle désormais d'incidents très graves et de faits inadmissibles.

Bettina de Guglielmo avec Guillaume Descours