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Après l'incident à la Pitié-Salpêtrière, Christophe Castaner est-il encore crédible? Ça fait débat sur RMC

Lors du défilé du 1er-Mai, des manifestants pénètrent dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Christophe Castaner réagit immédiatement: il s’agit d’une "attaque" selon ses mots. Mais la version avancée par le ministre de l’Intérieur est contredite.

L’hypothèse d’une attaque est battue en brèche notamment par une vidéo, enregistrée par un soignant présent sur place. Des manifestants sont bien rentrés dans l’enceinte de l’hôpital mais ils semblent paniqués, cherchent à se réfugier, à fuir les gaz lacrymogènes, et non attaquer le service de réanimation.

"Christophe Castaner aurait dû s'assurer de la réalité des choses"

L’opposition accuse donc le ministre de l’intérieur: "Menteur", dit Jean-Luc Mélenchon. Benoit Hamon estime qu’il doit être démis de ses fonctions. Pour Valérie Debord, porte-parole les Républicains, Christophe Castaner cumule les erreurs.

"Je pense qu'en fait, Christophe Castaner, avant de parler d'une attaque, aurait dû s'assurer de la réalité des choses. Je crois qu'un ministre de l'Intérieur doit privilégier le sérieux alors que ses propos font un peu amateur en la matière et ce n'est malheureusement pas la première fois que le ministre se retrouve confronté à un langage qui n'est pas forcément maîtrisé, à une situation qui n'est peut-être pas contrôlée. Il serait quand même bon qu'à l'avenir, cela ne se reproduise pas".

Certains politiques demandent à Christophe Castaner de s’expliquer. C’est le cas de Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat. Ou encore, Yannick Jadot, tête de liste Europe Ecologie les Verts pour les européennes qui réclame une commission d’enquête parlementaire.

"Il n'y a aucune atteinte à la crédibilité du ministre de l'Intérieur, bien au contraire"

Face à ces attaques, l’entourage de Christophe Castaner évoque quant à lui, une réaction précipitée. Le ministre aurait parlé trop vite, des propos inappropriés prononcés sous le coup de l’émotion. Mais pour ses conseillers, une intrusion violente reste une attaque.

Face à la polémique Coralie Dubost, députée LREM dans l'Hérault préfère elle, défendre le bilan de la journée du 1er-Mai et saluer le dispositif et la stratégie mise en place par le ministre de l’intérieur.

"Quand vous avez une image d'intrusion avec les cris du personnel soignant qui maintient la porte et dit aux gens de ne pas entrer, alors que de l'autre côté on pousse, on force et on casse, je comprends qu'on puisse en arriver à utiliser ce mot là. Après, il y aura une enquête et on verra ce qu'il en ressort. Il n'y a aucune atteinte à la crédibilité du ministre de l'Intérieur, bien au contraire. Je crois que la manière dont ont été gérées les manifestations du 1er-Mai, montrent qu'il a pris de bonnes décisions, qu'avec ses équipes et ses services, ils ont adopté une bonne nouvelle stratégie dans le maintient de l'ordre. Des progrès considérables ont été faits". 

Ce jeudi soir, les 32 personnes placées en garde à vue le 1er-Mai ont été libérées. Le parquet indique poursuivre l’enquête pour faire la lumière sur toutes les circonstances de l’intrusion au sein de l’établissement hospitalier.

Caroline Philippe