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"On s'est fait dépouiller": en Guadeloupe, des professionnels de santé victimes d'intimidations

Intimidations, insultes, casse... Les professionnels de santé paient les conséquences de cette crise.

Les professionnels de santé souffrent particulièrement de la crise sociale en Guadeloupe. Si une partie des soignants est en grève, les autres ont du mal à se rendre sur leur lieu de travail à cause des barrages. Des cas d'agressions ont été remontées au CHU. Plusieurs pharmacies ont été saccagées.

Opération nettoyage pour Antoine et ses employés, sa pharmacie s'est faite pillée, comme plusieurs autres commerces de la petite ville de Morne-à-l'Eau.

“On s’est fait dépouiller. Il y a des étagères entières qui ont été volées. Du lait, des couches, des préservatifs…”, énumère-t-il.

Des médicaments volés, mais beaucoup aussi aspergés de gazole et donc invendables. Les pilleurs n'ont pas réussi à mettre le feu, mais ont fracturé le coffre-fort au marteau-piqueur. “Comme ils tenaient la ville en état de siège, ils ont pu rester pendant deux heures. Et en le grignotant, ils ont réussi à l’ouvrir et à tout prendre”, ajoute-t-il.

Des démissions de soignants

Antoine espère rouvrir dès que possible, encouragé par le soutien des habitants.

“On est très impressionnés, on a vraiment eu une vague de messages qui nous va vraiment droit au cœur, autant l’équipe que moi. Les gens sont choqués de ce qui s’est passé”, assure-t-il.

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Devant le CHU, les renforts policiers ont permis la levée du barrage, mais des agressions de soignants ont toujours lieu lorsqu'ils se rendent au travail selon le directeur adjoint Cédric Zolezzi.

"Les soignants ne sont pas là pour se défendre face à des attaques ou à des agressions comme celles-ci. On a des démissions, on a un couple d’urgentistes qui d’ores et déjà a fait savoir qu’ils quittaient l’île”, explique-t-il.

Et ce sont désormais les internes qui menacent d'utiliser leur droit de retrait s'ils ne sont pas mieux protégés.

Victor Joanin