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"On va devoir se réadapter": l'angoisse des parents après la fermeture des écoles

Ecole à la maison, vacances dans le même département, et pas à plus de 10 kilomètres... Les prochaines semaines s'annoncent comme un casse-tête pour certaines familles.

Comme un air de déjà vu. Un an après le confinement du printemps 2020, les écoles du pays vont donc dès vendredi soir fermer pour trois semaines et les collèges et lycées pour un mois. La sentence est tombée mercredi soir. La semaine prochaine, le petit appartement de Sophie se transformera en salle de classe pour ses trois filles, du primaire au collège.

“On va devoir se réadapter. On est dans un tout petit appartement avec deux chambres. Il y en a une qui se mettra dans le séjour, une dans la chambre et moi en général, je travaille dans ma chambre. On essaye que chacun ait sa pièce”, assure-t-elle.

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La classe à la maison, pour les trois filles, c'est surtout des problèmes matériels. “On reçoit nos devoirs sur la tablette. Des fois, ma sœur en a besoin pour faire ses cours en visio. Des fois moi, j’en ai besoin pour voir quel travail je dois faire”, indique Makita, 8 ans. Pour trancher les conflits, la maman Sophie, qui tranchera alors qu’elle va devoir jongler entre l'école à la maison et le télétravail avec déjà une grosse réunion mardi.

“C’est en visio. Il va falloir que je m'organise, que je me lève avant pour leur donner leur devoir à faire pendant deux heures. Et moi pendant deux heures, je ne serais pas disponible. Elles seront en autonomie”, confie-t-elle.

"Retrouver une vie normale"

À quelques immeubles de là, Jessica et sa fille Alya, 4 ans. Au téléphone, à l'autre bout du fil, la grand-mère, dépitée. “Pas de vacances pour Alya, elle ne fêtera pas son anniversaire à l’école”, affirme la mère. Les vacances se dérouleront donc ici, entre les blocs d'immeubles de cette ancienne cité ouvrière.

“On n’a pas de jardin, on n’a pas d’espace vert, c’est compliqué avec les beaux jours qui arrivent. On va essayer d’inventer des nouvelles vacances. Au vu de tout notre passif, c’est long”, assure-t-elle.

Jessica voit tout de même la lumière au bout du tunnel. “Peut-être la seule chose positive, c’est d’avoir un calendrier d’échéancier avec l’ouverture de lieux culturels pour mi-mai. On mérite de retrouver une vie normale quoi”, appuie-t-elle.

En attendant des jours meilleurs, Jessica s'attelle à l'organisation d'une guinguette pour rassembler tous les habitants du quartier et leurs enfants.

Garance Munoz et Martin Cadoret avec Guillaume Descours