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Pass sanitaire obligatoire pour les salariés de la restauration: "Pour nous, c'est la triple peine"

Emmanuel Achard, hôtelier aux Baux-de-Provence était l'invité de la matinale de RMC. Il a déploré que les établissements doivent payer les indemnités des salariés qui seraient sanctionnés pour défaut de vaccination.

Comment va s'organiser la mise en place du pass sanitaire dans le secteur de l'hôtellerie-restauration? C'est ce qui inquiète Emmanuel Achard, hôtelier aux Baux-de-Provence. L'Assemblée nationale qui prévoit d'imposer aux professionnels de "s'assurer que leurs salariés sont en possession d'un pass sanitaire valide" et, qu'"à défaut de présenter un tel justificatif", ces salariés "ne sont pas autorisés à travailler et qu'ils peuvent, si la situation se prolonge plus de deux mois, faire l'objet d'un licenciement pour un motif que le texte qualifie de spécifique".

"Certains vont refuser de se faire vacciner, mais ce cas, il faudra que le salarié propose un test PCR négatif, toutes les 48 heures, c'est impraticable. C'est une obligation vaccinale déguisée" déplore Emmanuel Achard.

Pour lui, le gouvernement doit prendre "ses responsabilités": "On ne peut pas demander à une entreprise de supporter les conséquences d'un défaut de vaccination ou de test, ce n'est pas un problème de droit du travail ou de relation contractuelle, c'est un problème de santé publique".

"J'ai six salariés qui sont réfractaires, j'ai besoin d'eux. Et je ne peux pas être dans l'incertitude de savoir s'ils me présenteront ou pas un test PCR. C'est une triple sanction, on se prive de salariés dont on a besoin, donc on aura potentiellement moins de clients. On nous dit qu'il faut les sanctionner et comble du comble, d'aller jusqu'à prononcer un licenciement avec des indemnités que l'on doit payer".

Dans un communiqué commun, les quatre organisations patronales du secteur annoncent refuser "de supporter le coût du licenciement des salariés qui ne seront pas en possession d'un pass sanitaire valide", jugeant "inacceptable" cette disposition du projet de loi en cours d'examen au Parlement.

Sur un secteur fragilisé par des mois de fermeture et confronté à une "très forte pénurie de main d'oeuvre", font valoir les professionnels, il est "inacceptable" de se voir "contraints de verser des indemnités de licenciement à l'occasion de telles ruptures".

P.B.